SNICS-FSU

Éditorial du But en Blanc N°102

Une rentrée submergée des mesures exceptionnelles à moyens constants ?!
Fin août, le SNICS-FSU alertait sur les imprécisions ministérielles et les directives trop tardives qui laissaient les personnels de l’Éducation nationale dans le flou. Six mois après le début de l’épidémie, contrairement au propos du Ministre, il n’est pas « normal » de réclamer et d’obtenir le protocole à mettre en œuvre la veille de la rentrée.

La rentrée est une période chargée en dehors de toute crise sanitaire, sans moyens supplémentaires, les personnels des établissements scolaires, et particulièrement les infirmier.es, paient un lourd tribut et affrontent souvent seul.es des difficultés pourtant prévisibles. L’absence de cadrage ministériel montre ses limites, il laisse trop de place aux interprétations locales parfois incohérentes voire même contradictoires ; tracing interne, détournement incompréhensible et injustifié des missions...

Le SNICS-FSU a alerté le Ministre à plusieurs reprises : les infirmier.es ne peuvent, en plus de leurs missions, répondre aux attributions des ARS et des CPAM qui sont dotées d’outils et de moyens pour les accomplir.

Nous sommes en première ligne face aux inquiétudes légitimes des élèves, des parents, des directrices-eurs d’écoles et chef.fes d’établissement, des enseignant.es...

Toutes et tous nous sollicitent fortement...

C’est bien normal, mais impossible à moyens constants !

Comme au plus fort de la crise, le SNICS FSU reste mobilisé à vos côtés sur ce dossier comme sur les autres qui connaissent peu de répit. La décentralisation ou lesprojets de service de santé courent toujours ainsi que les travaux sur l’organisation des soins et des urgences dans les EPLE.

Comme en 1998, certains esprits rétrogrades souhaiteraient qu’un accord parentalsoit requis préalablement aux soins infirmiers à l’Éducation nationale, la consultation libre des infirmier.es est perçue comme une entrave à l’exercice de l’autorité parentale. Durant l’été, le SNICS-FSU a saisi le Défenseur des droits sur le consentement du mineur.es en milieu scolaire. Vous trouverez un dossier complet dans ce bulletin.

Après un Ségur de la santé aux résultats très décevants pour notre profession, 33 organisations infirmières dont le SNICS-FSU ont lancé des États généraux infirmiers qui se tiendront le 1 er octobre prochain. Nous avons l’ambition de proposer une vingtaine de mesures concrètes que la profession peut mettre en œuvre pour améliorer le système de santé et les réponses offertes aux usager.es.

Il aura fallu la détermination et la pugnacité du SNICS-FSU pour obtenir l’ouverture de travaux ministériels sur la revalorisation et la formation des infirmier.es. À ce jour, rien n’est sur la table, le SNICS-FSU reste vigilant sur leurs objectifs car, en parallèle, l’Inspection générale est mandatée pour étudier « la place des personnels sociaux et de santé dans l’enseignement scolaire »...

L’année 2020 est aussi celle du 10ème congrès national du SNICS-FSU qui se déroulera à Angers du 1er au 4 décembre. Pour mieux répondre à vos attentes et améliorer la défense et l’émancipation de la profession, après des congrès académiques que nous espérons fructueux, ces 4 jours de débats renouvelleront « la feuille de route » du SNICS pour 3 ans.

Souhaitons-nous bien du courage pour faire face à tous les défis qui nous attendent.