SNICS-FSU

Éditorial du But en Blanc N°104

Belles victoires malgré la crise sanitaire
Dans cette période morose, les victoires ne peuvent que nous redonner l’espoir et l’envie d’un monde meilleur.

Ensemble, nous avons été un véritable moteur pour faire reculer le gouvernement dans son projet de décentralisation de la santé en milieu scolaire vers les départements. Depuis plus d’un an, après un long combat syndical contre le projet de loi 4D, nos arguments et nos fortes mobilisations, catalysées par la presse et l’opinion publique, ont finalement payé. Contrairement à certaines idées reçues, la décentralisation subie de 2003 n’a pas été une réussite pour les personnels techniciens, ouvriers et de services (TOS) qui ont vu leur statut amputé, leurs mutations compliquées voire impossibles vers d’autres collectivités… Cette loi 4D n’est qu’un miroir aux alouettes mettant en péril la jeunesse déjà frappée de plein fouet par la crise sanitaire, enterrant sournoisement le concept de santé à l’école et avec lui les 18 millions de consultations infirmières libres et gratuites en direction des élèves au service de leur réussite scolaire !

En plus des inégalités exacerbées par l’épidémie, les projets et propositions de loi vont bon train dans un silence assourdissant et un dialogue social savamment ignoré et orchestré. Grâce à la  vigilance du SNICS-FSU et aux actions des  infirmier.es, nous avons déjoué le piège sournois de quelques médecins-députés, se servant de la loi visant à améliorer le système santé par la confiance et la simplification, pour recréer un service de santé scolaire sous hiérarchie médicale. L’article 1 bis A a finalement été supprimé par le Sénat sous l’impulsion du SNICS-FSU. Encore une belle victoire !!!

Quant à la gestion de cette crise sanitaire, le SNICS-FSU n’a qu’une conclusion : CARTON ROUGE.

Pendant plusieurs mois, le gouvernement a feint d’ignorer, d’une part que la jeunesse est la génération qui a le plus souffert du confinement, du couvre-feu et est la plus pénalisée par l’épidémie, et d’autre part que les infirmier.es ont besoin de renforts pour effectuer le surcroit de  tâches généré par la crise sanitaire, notamment le contact-tracing et les campagnes de dépistages par tests. Depuis le début de l’épidémie, avec la surcharge de travail, véritable bombe à retardement des risques psycho-sociaux, les infirmier.es sont épuisé.es et peinent à réaliser leurs missions d’accueil, d’écoute, d’accompagnement et de suivi individualisé des élèves. Suite aux demandes répétées du SNICS-FSU, le ministère a annoncé le recrutement de 1700 médiateurs pour renforcer les personnels éducatifs et de santé afin d’effectuer des tests salivaires jusqu’à fin juin. Ce n’est pas la création d’emploi précaires que demande le SNICS-FSU, ce sont des créations massives de postes infirmiers, à la hauteur des besoins des élèves et étudiant.es, et c’est ce pour quoi il continuera de se battre avec vous !