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Présentation du contexte politique et des évolutions
depuis le dernier
congrès.
Depuis notre dernier
congrès en 2008, la mise en œuvre de la loi de « modernisation de
l’état » se poursuit avec les outils que sont la RGPP, la LOLF, la
réorganisation des administrations de l’état, la loi de mobilité, la loi HPST
avec la disparition des ARH, des DDASS et des DRASS au profit de la création
des ARS. C’est aussi l’organisation de plusieurs ministères qui a été
transformée avec la restructuration des administrations centrales et la mise en
place des nouvelles directions déconcentrées, moins nombreuses et qui se
voudraient plus opérationnelles.
Or avec la mise en place de
la RGPP, nous assistons comme nous l’avions prévu, à une véritable remise en
cause de tous les services publics et en particulier celui de l’éducation dans
lequel nous exerçons nos missions. C’est non seulement une baisse massive du
nombre d’enseignants, mais les coupes sombres ont lieu à tous les niveaux.
Depuis 2007, au sein de l’Education Nationale, c’est plus de 61000 postes
qui ont été supprimés.
Dans ce contexte politique,
pour le SNICS FSU c’est plus particulièrement la mise en œuvre de l’autonomie
des universités (Loi LRU), les réformes engagées au ministère de l’Education
Nationale dans l’objectif d’améliorer la performance du système éducatif (!!!)
mais aussi la mise en place des agences régionales de santé qui sont à
surveiller. Il s’agit en effet toujours de s’attacher à défendre un service
public pour tous et notamment un service public d’éducation ambitieux et de
qualité. C’est aussi plus particulièrement obtenir une réelle reconnaissance de
nos missions, démontrer la spécificité de notre métier à l'Education Nationale, revendiquer la reconnaissance de notre
spécialité et notre rémunération dans la grille de catégorie A
type tout en continuant à refuser toute référence à un salaire au mérite et
parvenir à la création d'un statut particulier du corps des infirmières
conseillères de santé de l'Education Nationale, mandat que nous avons déjà formulé à Lille. Depuis le congrès de
Lille nous avons obtenu, grâce à nos mobilisations et actions, l’intégration
des études infirmières au système LMD
par le grade de licence pour toute la profession dès septembre 2012, ce qui a
conduit à mettre en œuvre la catégorie A pour les collègues de la FPH. Cette
étape franchie, nous nous battons depuis plus d’un an pour l’intégration du A
pour toutes les infirmières de l’Education nationale. Il faudra poursuivre
notre action syndicale pour obtenir la reconnaissance de notre spécificité et
la grille du A type.
C’est actuellement la loi
sur la mobilité qui doit essentiellement retenir notre attention car elle est
lourde de conséquences sur notre place
particulière à l’EN et donc notre classement en A type, revendication
fondatrice du SNICS FSU.
Comment concilier la loi sur la mobilité et la reconnaissance de la
spécialité, (de la spécificité ?) de l’exercice professionnel à l’EN ?
Quelles pourraient être les incidences du classement de la profession
en catégorie A et en A type ?
1. Généralités sur la loi de mobilité et sa
mise en œuvre
La loi 2009-972 du 03 août
2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la Fonction
Publique (LMPP) a été adoptée le 23 juillet 2009 et publiée au JO du 6 août
2009. La circulaire du 19 novembre 2009 précise les modalités d’application de
cette loi.
L’absence de bataille
politique contre cette loi est à noter : aucun groupe parlementaire n’a
porté cette loi devant le conseil constitutionnel alors que certains de ses
articles cassent le statut du fonctionnaire. La FSU et d’autres syndicats ont déposé sur ce point une question
prioritaire de constitutionalité en janvier 2011
Les objectifs affichés et
confirmés par le gouvernement au moment
du vote sont « l’organisation de la mobilité et la sécurisation
des parcours professionnels des
agents. »
Cette loi est en fait un
instrument de casse de l’emploi public ; en effet outil de la RGPP, elle
confirme la volonté de démantèlement des services publics et remet en cause les
dispositions essentielles du statut de la FP. Elle modifie la loi 83-634 du 13
juillet 83 portant droits et obligations des fonctionnaires et de fait la loi
84-16 du 11 janvier 84 portant dispositions statutaires relatives à la Fonction
Publique de l’Etat.
Alors
que la crise a mis en évidence le rôle important joué dans notre pays par les
services publics et la Fonction publique et que le taux de chômage est au plus
haut, le vote de cette loi montre l’obstination au désengagement de l’Etat et à
l’inscription dans le dogme du non remplacement d’un départ en retraite d’un
fonctionnaire sur deux.
Déjà présente dans la loi
de 83 la mobilité n’est pas un nouveau
droit. Ce droit était jusqu’à présent la
garantie fondamentale d’une mobilité choisie.
Or La LMPP organise une mobilité
qui sera le plus souvent contrainte.
Cette loi renforce, dans
les trois versants de la Fonction Publique, l’individualisation de la gestion
des personnels, et tend à installer entre eux des logiques de concurrence alors
que l’efficacité du service exige la coopération et la complémentarité des
personnels. La mobilité s’accompagne de dispositions indemnitaires qui vont
accroître l’individualisation des rémunérations donc des carrières. Elle
assouplit les règles du détachement et de l’intégration directe. La possibilité
de réorientation professionnelle est actée ; ainsi, la réaffectation voire le licenciement des
agents dont les emplois ou les missions seront supprimés par la RGPP et la
réforme de l’administration dans les départements et régions devient possible.
La mobilité peut être
d’ordre géographique, structurel, catégoriel ou statutaire.
2.
Les principales dispositions de la loi
Ø Des nouveaux
droits
- Création d’un droit au départ :
l’administration d’origine ne peut plus s’opposer au départ d’un agent dès lors
que celui-ci bénéficie de l’accord de l’administration d’accueil. Seules des
nécessités de service dûment justifiées ou une incompatibilité déontologique
pour un départ vers le privé notamment pourront s’y opposer.
- Les obstacles juridiques
au détachement et à l’intégration entre corps et cadre d’emplois de même
catégorie et de même niveau sont supprimés, l’administration ne peut plus
opposer des dispositions de statuts particuliers.
- Création d’un droit à l’intégration au-delà d’une
période de cinq ans de
détachement.
- Création de la
possibilité d’intégration directe sans
passage par la voie préalable du détachement. Celle-ci est possible entre corps
et cadre d’emploi de même catégorie et de même niveau. Elle facilite la
mobilité de longue durée et convient aux situations de seconde carrière.
Assouplissement des règles de détachement et d’intégration :
Tous les corps et cadres d’emploi sont accessibles par la voie du
détachement suivi le cas échéant, d’une intégration, ou par la voie
d’intégration directe, nonobstant l’absence de disposition ou toute disposition
contraire prévues par leurs statuts particuliers.
Les statuts particuliers ne nécessitent pas de modifications, ils
seront complétés de précisions sur les modalités de classement si besoin.
Les conditions statutaires : les corps sont d’une part de même
catégorie et d’autre part de même niveau.
La catégorie est définie dans le statut particulier.
Le niveau de comparabilité s’apprécie au regard de deux critères, les
conditions de recrutement et la nature
des missions de ces corps définies dans les statuts particuliers. Le
détachement ou l’intégration sont possibles si un des deux critères est
présent.
C’est pour le SNICS FSU toute l’importance d’obtenir un statut
particulier qui actera notre reclassement en catégorie A type définissant notre
catégorie et donc le classement du corps de infirmières de l’EN. Il est
indispensable également que ce statut particulier définisse les conditions de
notre recrutement à l’EN et la nature de nos missions. Ainsi, notre catégorie
et notre niveau obligeraient à reconnaître la spécialité « infirmière
EN » et donc les limites et les
règles à mettre place pour les détachements : formations, validation. Il
revient à l’autorité de gestion du corps d’apprécier « de manière
pragmatique » la comparabilité du recrutement et des missions. Il s’agit
d’encourager les mobilités, faciliter les secondes carrières et les processus
de reconversion professionnelle.
Les conditions de même bornage indiciaire disparaissent.
La circulaire précise que ces dispositions n’impactent pas l’accès aux
professions règlementées qui demeurent subordonné à la détention du titre ou du
diplôme requis pour l’exercice des fonctions.
- Les avantages de carrière
acquis en période de détachement demeurent : les promotions acquises au cours d’un détachement sont reconnues réciproquement dans l’administration d’accueil et d’origine. La situation retenue sera celle la plus favorable à
l’agent. L’art 5 de la loi aménage le principe de double carrière.
Ø
Des garanties en cas de mobilité à l’initiative de
l’administration
- La réorientation professionnelle :
les fonctionnaires dont l’emploi est susceptible d’être supprimé bénéficient
d’un dispositif de réorientation professionnelle accompagné d’un projet
personnalisé d’évolution professionnelle. (Décret n°2010-1402 du 12
novembre 2010)
Un fonctionnaire est en situation de
réorientation professionnelle en cas de restructuration et en l’absence de
possibilité de réaffectation sur un emploi correspondant à son grade.
Il demeure en position d’activité. Les
commissions paritaires reçoivent un bilan annuel sur le placement des
fonctionnaires placés dans ce cadre.
Dans un délai d’un mois au maximum, un
projet personnalisé d’évolution professionnelle doit être établi entre l’agent
et le responsable des ressources humaines. Ce projet prévoit l’évolution
professionnelle, le type d’emploi, le cas échéant les types de missions temporaires,
VAE, le calendrier prévisionnel de la mise en œuvre de ce projet.
L’administration organise un suivi individualisé (entretien au moins
bimestriel).
Il est mis fin à la réorientation professionnelle :
·
Si le fonctionnaire est nommé sur un emploi ou est placé à sa demande sur
une autre situation statutaire.
·
« Lorsque le fonctionnaire a refusé
successivement trois offres d’emploi public (….) correspondant à son grade et à
son projet personnalisé d’évolution professionnelle(…)Art 7, il est
placé alors en disponibilité d’office ou le cas échéant admis à la retraite. La
mise en disponibilité d’office est prononcée pour une durée indéterminée sans
traitement ni indemnités. Au cours de cette période si l’agent refuse trois
propositions de poste faites par l’administration il peut être après avis de la
CAP licencié ou s’il a droit à pension admis à la retraite. Le licenciement
devient alors effectif dans la Fonction Publique, il n’y a aucune indemnité
dans ce cas.
Pour le SNICS FSU, ce nouveau dispositif interroge
à plusieurs niveaux :
·
Quel traitement de situation pour les
infirmières de l’Education
Nationale , en cas de suppression d’emploi , par exemple si 2
établissements fusionnent, si aucun poste à proximité n’est libre, que va t-il
se passer ? On peut penser qu’étant donnée la pénurie d’infirmières un
poste dans la FPH ou FPT sera proposé. Des missions courtes dans toutes
sortes de structure (maison de retraite,
service hospitalier….) peuvent lui être aussi proposées.
·
Si enfin notre spécialité d’infirmière à
l’Education Nationale est reconnue et validée par un diplôme de Master, dans un
contexte de réorientation, quelle pourrait être l’évolution
professionnelle ? On peut craindre que cette spécialité sera anéantie… ou
alors, sera-t-elle utilisée par les ARS pour être envoyée sur les courtes
missions pour de l’éducation à la santé ? Notre profession serait alors
complètement remise en cause par rapport au suivi à la connaissance d’un
territoire…
- Une indemnité spécifique
d’accompagnement à la mobilité : la loi garantit le bénéfice du plafond
indemnitaire et instaure le droit à une indemnité spécifique pour éviter la
perte de rémunération éventuelle générée par une mobilité à l’initiative de
l’administration.
- La reprise des contrats
des agents non titulaires est garantie en cas de transfert d’activités entre
personnes morales publiques et privées
Ø
Recrutements
- Recours possible de
recrutement d’agents non titulaires pour le remplacement d’un fonctionnaire en
congé, en cas de vacance temporaire d’un poste, et dans certains cas recours à
l’intérim (article 20).
C’est en fait la légalisation
de pratiques de la fonction publique hospitalière notamment. Cette solution permet d’afficher une réduction du
nombre de fonctionnaires mais aussi de jouer sur les chapitres budgétaires
entre la masse salariale et les crédits de fonctionnement. C’est également la
question du travail intérimaire qui doit être posée car si cette pratique
d’exercice peut correspondre à un choix de « non engagement » dans un
contrat, on peut y voir également des travailleurs « précarisés »
mais aussi les « obligations » liées au statut du fonctionnaire qui
disparaissent.
- Les concours internes
sont ouverts aux ressortissants communautaires.
Ø Les conditions
de cumuls d’emplois et d’activités
- La possibilité de cumuler
des emplois à temps non complets, si les besoins de service le justifient et
sous réserve de l’accord du fonctionnaire, dans les trois fonctions
publiques est ouverte à titre d’expérimentation pour 5 ans (jusqu’au 6 août
2014). Il s’agit de généraliser des
pratiques déjà existantes dans la FPT, mais c’est une modification importante
de l’article 32 de la loi 84-16 sur les positions d’activité des
fonctionnaires de l’Etat.
Un mi-temps au moins est effectué dans l’emploi correspondant au grade
du corps dont l’agent relève, la loi ne garantit plus un emploi correspondant
au grade au-delà d’un mi temps. Le cumul de tels emplois doit assurer à l’agent
le bénéfice d’un service équivalent à un temps complet et d’une rémunération
correspondante. Le cumul est possible sur tout emploi indépendamment du grade.
La possibilité pour une infirmière d’occuper des emplois cumulés dans
les trois fonctions publiques devient réelle ; elle pourra exercer des
missions différentes selon les types d’emploi qu’elle cumulera. A ce jour, le
SNICS FSU a pu démontrer la difficulté liée au classement des infirmières de la
FPH en A pour les situations de détachement, mais on peut anticiper sur les
nouvelles difficultés en fonction du classement qui sera réservé aux
infirmières de l’EN.
Cette possibilité de cumul remet en cause l’indépendance du grade et
de l’emploi jusque là garantie par le statut.
Le caractère expérimental ne peut suffire à nous rassurer, nous savons
tous que cela aboutit toujours à une pérennisation des dispositifs. A terme, ce
sont les questions du recrutement à temps plein dans la FPE et la FPH, mais
aussi la généralisation sans refus opposable de ces cumuls qui viendront
percuter nos pratiques … rémunération, régime indemnitaire, conditions de
travail, besoin de service…c’est aussi le risque de création de « postes à
profil », l’examen du parcours professionnel pour le recrutement…
- Les conditions de cumul
d’activités sont assouplies pour aider les agents à la création ou la reprise
d’entreprise.
Ø Les nouvelles
modalités de gestion des ressources humaines
- La loi élargit les
possibilités d’accès aux grades supérieurs des corps de catégorie A et B par la
voie d’un concours ou de la promotion, ceci n’était possible que pour les corps
en catégorie C à la FPE et à la FPH.
- La loi prévoit la
création de corps interministériels de l’Etat dans la FP avec fusion de corps.
- La notation est supprimée
et l’entretien professionnel annuel généralisé.
- Le dossier des agents est
dématérialisé pour une simplification de gestion et offre à l’agent la
possibilité de consulter son dossier en ligne.
En modifiant les règles de recrutement par un plus large recours aux
détachements, la place du mérite, de l’arbitraire… pourrait prendre encore plus
d’importance. C’est aussi le risque de voir des pressions exercées pour pousser
une infirmière à accepter des postes fractionnés, des missions particulières,
des horaires hors cadre légal….
C’est également - si les infirmières de l’EN obtiennent la reconnaissance
de la spécialité et en conséquence le classement en A type - en l’absence de
règles contraignantes de recrutement par un concours, le risque que
l’administration estime financièrement intéressant et souhaite réaliser des
économies en recrutant des infirmières
classées en A hospitalier voire même qui seraient restées en B.
Ø Une charte de la
mobilité dans la FPE
Cette charte s’adresse aux
administratifs gestionnaires et à tous les agents de la FPE. Elle rappelle les
principes et les valeurs des dispositifs législatifs et règlementaires liés à
la mobilité. Elle présente également les outils de la mobilité : le
répertoire des métiers, la fiche de poste, les bourses d’emploi, le conseiller
mobilité-carrière…. Les ministères sont appelés à développer à leur niveau des
démarches de type charte interne à la mobilité.
Le ministère de la fonction publique a écrit une charte qui n’est pas
encore déclinée par chaque ministère. Elle sera écrite sans négociation ni
concertation avec les personnels ; elle peut être remise en cause à tout
moment par l’employeur selon ses objectifs. Le SNICS s’opposera à cette charte
comme à la loi sur la mobilité qui vide le statut du fonctionnaire de sa
garantie d’emploi.
Le SNICS combattra les effets de cette charte pour les infirmières en
étant attentif au contenu de la fiche métier et de la fiche de poste à partir
desquels la déclinaison de la charte au MEN se fera.
3. Mise en œuvre de la loi
La circulaire du 19 novembre 2009 relative aux modalités d’application de
la loi liste les dispositions d’application directe et celles pour lesquelles
des décrets sont nécessaires. L’objectif était de parvenir à une publication de
ces textes à la fin de l’année 2009 et au plus tard au premier trimestre 2010
».
Certaines mesures étaient
d’application directe telles : l’assouplissement des conditions
statutaires de détachement et d’intégration, l’intégration directe entre corps
et cadres d’emplois de même catégorie, droit au départ en mobilité …. D’autres
nécessitent un décret d’application
: réorientation professionnelle pour les fonctionnaires de l’Etat (Décret
2010-1402 du 12 nov. 2010), cumul d’emplois à temps non complet,
dématérialisation du dossier individuel…Certaines
enfin nécessitent la modification ou
l’édiction de statuts particuliers comme la création de corps
interministériels, l’accès aux grades supérieurs des corps de catégorie A et B
dans la FPE et la FPH,…
4. Incidences directes pour les
infirmières EN
Au-delà des incidences
directes de la loi sur la mobilité développées dans les points des §
précédents, certains autres éléments peuvent entrer en compte.
Ø
Les
fiches RIME (fiches
répertoire interministériel des métiers de l’état)
Ces fiches métiers peuvent
nous permettre de préserver notre exercice particulier ; certes elles ont
été modifiées, ce n’est plus la fiche « infirmière conseillère de
santé » mais il faut chercher à y revenir ou au moins à s’y référer.
Nous sommes toujours dans
l’attente de texte à propos de l’évolution de nos missions, d’une nouvelle
circulaire et peut être d’une nouvelle fiche de poste. C’est l’occasion
pour le SNICS FSU de préciser notre place à l’EN, de réaffirmer notre
spécialité d’infirmière conseillère de santé à l’éducation nationale exerçant
ses missions auprès des élèves et des étudiants et de personnel ressource qui contribue à la réussite des élèves.
Ø
Recrutements
Pour le SNICS FSU, le
maintien d’un concours de recrutement et la revendication d’une formation
diplômante (cf. texte congrès Lille thème 4 III) garde et prend même encore
plus de sens. La volonté de l’Etat à faciliter la mobilité et les recrutements
ne doit pas se faire au détriment des conditions de services rendus aux élèves et aux familles
et des conditions de travail des personnels
Il faut limiter au maximum
le recrutement par détachement car c’est à l’opposé de notre spécialité
d’exercice. Si aujourd’hui ces
recrutements par détachement existent, c’est normalement à la marge et la
« norme » est le concours. Sera-t-il possible de soumettre les
recrutées « détachement » à une formation, puis à une validation de
leur formation pour les intégrer ensuite à l’EN et les classer dans la
spécialité « infirmière EN » ?
Ce sera tout l’enjeu que de
faire reconnaître notre spécialité et faire la démonstration que le concours et
surtout l’épreuve écrite sont des gages d’un recrutement efficace et pertinent.
Les postes à profils et PRP
modifient les règles de recrutement : en effet sous prétexte
d’amélioration de la réponse aux besoins des élèves par la mise en place
d’établissements ECLAIR, postes en université……postes pour lesquels l’adhésion
au projet d’établissement est requise,
une déréglementation est introduite, ce que nous dénonçons.
5. Les conséquences
Ø
Dans
un contexte de fusions des corps, de corps interministériels reste-t-il
possible d’obtenir un statut
particulier ? Quel argumentaire développer ?
Même si la politique actuelle est de
limiter et de fusionner le corps il nous faut faire reconnaître nos
particularités. Mettre en avant la singularité de l’exercice de la
profession : auprès d’élèves et étudiants, en premier recours, en
responsabilité …..C’est la suite de notre mandat de statut particulier, il
faut le faire aboutir.
Ø
Importance
du recrutement concours car indispensable pour faire reconnaître la spécialité.
Ø
Faire
reconnaître la spécificité autour du travail en équipe pluri professionnelle,
dans l’équipe éducative, la responsabilité, l’autonomie, le rôle propre… Les
statistiques devraient jouer un rôle important dans cette reconnaissance ;
c’est pourquoi le SNICS FSU renouvelle cette année sa demande auprès des
collègues de boycott du simulacre d’enquête statistique formulée par le MEN. En
parallèle, nous souhaitons recueillir et exploiter un maximum de données, à
l’image de celle du « cahier de l’infirmière », pour en extraire des
informations.
Le SNICS FSU a attiré à plusieurs reprises l’attention des ministres de
l’EN sur l’absence de remontée au niveau national des statistiques infirmières
annuelles (pourtant prévue par la réglementation 1) et notamment
ceux relatifs au cahier de l’infirmière. Ces statistiques sont pourtant une
source d’information précieuse sur l’état de santé des élèves et sur l’activité
des infirmières. Elles permettent incontestablement de mettre en évidence le
rôle de l’infirmière en tant qu’acteur dans la réussite scolaire au sein d’une
équipe éducative et pédagogique, mais surtout de faire émerger les besoins de
santé des élèves. Une analyse nationale de ces statistiques devait permettre de
faire apparaître les différentes problématiques régionales d’une part et
d’adapter les réponses et moyens à partir de ces problématiques pour conduire
la politique de santé à l’Education nationale dans l’objectif de la réussite
scolaire.
Pourtant, cette année encore, le document de la DGESCO prenant prétexte
des seuls indicateurs de la LOLF, demande principalement aux infirmières de
rendre compte de leur participation au bilan de 6 ans avec ou sans le médecin
scolaire, en faisant toujours l’impasse sur les statistiques de ce cahier de
l’infirmière. Ce qui est demandé ne rend plus lisible les missions spécifiques
des infirmières et revient à nier les
besoins des élèves. Seule la contraception d’urgence est recensée (obligation
légale) et ce document ne distingue plus qui fait quoi entre les médecins, les
assistantes sociales et les infirmières.
Faut-il prendre l’absence d’analyse du travail de l’infirmière, comme
une provocation ?
1 La circulaire n°2003-035 du 27 février 2003
prévoit les remontées de l’activité de l’infirmière au regard des missions qui
lui sont confiées, à la fin de chaque année scolaire. Elle rappelle les
finalités de ce « cahier de l’infirmière ». Il s’agit en effet de
disposer d’un outil de suivi de l’état de santé des élèves, ce qui suppose
l’obligation de réaliser des statistiques annuelles à l’image de ce cahier.
Ø
Formation
universitaire au regard de l’exercice particulier.
Même si le Diplôme d’Etat est la condition
nécessaire pour l’exercice à l’EN elle n’est pas la condition suffisante.
Dans l’attente de l’obtention d’un master
nécessaire à la reconnaissance de la spécialité, le stage d’adaptation à
l’emploi doit se doter de réels contenus formateurs nationaux.
Ø
Pour
l’attractivité de la profession infirmière à l’éducation nationale et pour la
pérennité de nos missions qui participent à la réussite des élèves, le passage
en catégorie A type est indispensable.
Conclusion
Le
SNICS FSU continuera à mettre tout en œuvre pour obtenir un statut particulier
pour les infirmières de l’Education Nationale. Il s’agit d’acter la
reconnaissance de la spécialité infirmière conseillère de santé au niveau M2 et
d’obtenir notre classement en catégorie A type sur une grille cylindrique.
Cette reconnaissance doit être liée à l’exercice spécifique de notre profession
à l’EN, au regard de nos missions qui nous placent au centre de l’acte
éducatif, affirment notre appartenance à l’équipe éducative et nous ancrent
dans l’institution scolaire. Le SNICS défendra un recrutement par concours au
niveau master.
Concernant
le régime indemnitaire (IFTS, PFR, NBI…) le SNICS FSU se doit de rester
particulièrement vigilant pour s’opposer à tout risque d’individualisation des
carrières.
Les
prochains comités techniques, mais aussi les CAP, seront déterminants pour
faire respecter les droits de chaque collègue, le SNICS FSU devra donc prendre
toute sa place dans ces instances, peser pour et dans la FSU, demeurer
l’interlocuteur incontournable pour l’administration qui doit respecter le rang
auquel les infirmières de l’EN ont
encore une fois placé le SNICS FSU.
Le
SNICS FSU poursuivra son combat en lien avec la FSU et en intersyndical quand
cela est possible et nécessaire.
Le
SNICS FSU rappelle son attachement aux valeurs de la fonction publique. Il
s’engage à participer avec la FSU à toute action de défense du service public
et des statuts des personnels.
SIGLES :
ARH Agence Régionale de l’Hospitalisation
ARS Agence Régionale de Santé
CAP Commissions Administratives Paritaires
DDASS Direction Départementale des Affaires
Sanitaires et Sociales
DGESCO Direction Générale de l’Enseignement
SCOlaire
DRASS Direction régionale des affaires
sanitaires et sociales
FP Fonction publique, FPE : FP Etat,
FPH : FP Hospitalière, FPT : FP Territoriale.
IFTS Indemnités Forfaitaires de Travaux
Supplémentaires
LMPP Loi Mobilité et Parcours Professionnels
Loi LRU
Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités
LOLF Loi Organique relative aux Lois de Finances
NBI Nouvelle Bonification Indiciaire
PFR Prime de Fonction et de Résultats
PRP Poste à Responsabilités Particulières
RGPP Révision Générale des Politiques
Publiques
Texte adopté par 107 voix pour, 2 voix contre, 6 abstentions et 0 refus de vote.
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