Le SNICS a déjà noirci des centaines de pages sur le rôle et les missions de l'infirmier(e) à l'Education nationale. Il n'est donc pas question de réécrire ce qui a été voté lors de nos différents congrès depuis 15 ans (*). Cependant, compte tenu de l'actualité, il est indispensable de réfléchir à la question : infirmière à l'Education nationale : une spécialité ?
Le soin relationnel, base du soin infirmier à l'éducation nationale, l'écoute et l'éducation, la délivrance de la contraception d'urgence, l'administration de médicaments, le diagnostic infirmier, l'orientation de l'élève et de l'étudiant après chaque consultation infirmière... Tout nous conduit à engager notre responsabilité au quotidien et révèle effectivement cette spécialité.
La relation soignante repose sur des processus précis :
1) un espace ouvert de Rencontre
L‘élève ou l'étudiant doit pouvoir parler de ce qu'il ressent et aussi montrer ce qu'il ne peut dire. L'attention aux signes extérieurs est une priorité. La rencontre soignante est fondée sur une proximité. Ce qui va se nouer avec l'élève ou l'étudiant est dans une zone intermédiaire entre ce qui lui est extérieur et ce qui lui appartient en propre. Ce sont des processus d'interaction qui vont se déployer entre l'élève et l'infirmier et tisser les liens. C'est dans un cadre bienveillant que la rencontre peut se dérouler.
2) une relation portée par un projet
L'infirmier(e) et l'élève (ou l'étudiant) doivent parcourir un chemin ensemble. La relation doit laisser la place à l'imprévu, à la créativité et aux ressources propres des jeunes. Le projet de soin est d'aider l'élève ou l'étudiant, par le biais de la relation, à construire ses capacités et à faire face aux difficultés qu'il rencontre en grandissant (scolaires, individuelles, familiales, identitaires, relationnelles, médicales...).
3) construire des capacités à faire face aux difficultés de la vie
L'infirmier(e) va moduler les informations reçues par l'élève ou l'étudiant et ses expériences vécues, en fonction des capacités de celui-ci à y faire face. Par l'approche corporelle du soin, le jeune va trouver des appuis qui vont lui permettre de se sentir accueilli et protégé. Il pourra alors « lâcher » des émotions et des sensations, verbaliser des sentiments et commencer à leur donner du sens.
4) La verbalisation: pilier du soin relationnel
« La parole fait naître le lien entre deux personnes. Le lien entre ce qu'un sujet vit dans son intériorité et ce qu'il en dit. La parole permet l'appui sur l'autre, elle est un pont posé entre le Moi et l'autre, cet autre potentiellement porteur de réconfort et d'apaisement » Laurent Morasz, psychiatre, psychanalyste. « N'oublions pas que l'essentiel de ce qui se « dit » est dans ce qui se montre dans l'espace imprévu, non limité et non prévisible ».
La santé est une condition indispensable à la réussite scolaire, plus personne ne le conteste. C'est la raison pour laquelle le ministère de l'Education nationale recrute des infirmiers et des infirmières diplômé(e)s d'Etat dont la mission première s'inscrit dans la politique générale de l'Education nationale qui est de promouvoir la réussite scolaire des élèves et des étudiants. Pour ce faire, l'infirmière de l'EN a :
I/ des missions particulières (Cf. BO spécial n°1 du 25/01/01 sur « la santé des élèves »
L'infirmier(e) dans le cadre de son rôle relationnel, technique et éducatif accueille tout élève ou étudiant qui le (la) sollicite pour quelque motif que ce soit y compris d'ordre relationnel ou psychologique, dès lors qu'il y a une incidence sur sa santé ou sa scolarité. L'infirmier(e) contribue au bien être et à la réussite scolaire de tous les élèves. Dans cet objectif, l'infirmier(e)
- écoute et accompagne les élèves ;
- organise les urgences et les soins et assure un suivi infirmier de l'état de santé des élèves ;
- organise et réalise le suivi infirmier de la santé des élèves ;
- développe, en fonction des besoins repérés, une dynamique d'éducation à la santé dans le cadre du projet d'établissement ou d'école ;
La transposition, à l'Education Nationale, de la partie de notre décret des actes en matière « d'éducation à la santé de la personne et de son entourage » est significative des compétences pédagogiques inhérentes à la profession.
- participe à la mise en place des dispositifs adaptés en cas d'évènements graves survenant dans la communauté scolaire ;
- favorise la scolarisation des enfants et des adolescents atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période ;
- met en place des actions permettant d'améliorer la qualité de vie des élèves en matière d'hygiène, de sécurité et d'ergonomie ;
- intervient en tant que de besoin auprès des enfants et des adolescents en danger ;
- conseille le Chef d'Etablissement en matière de Santé, de prévention, d'éducation à la santé, d'hygiène et de sécurité ;
- participe aux différentes instances et commissions de l'établissement (CA, CESC, CHS, Conseil de classe, etc.) et établit les liens nécessaires avec les professionnels du réseau de soins ;
- contribue à l'intégration scolaire des enfants et des adolescents atteints de handicap ;
- effectue ou dispense les actes infirmiers qui relèvent de sa compétence et de sa responsabilité dont la délivrance de médicaments pour laquelle le SNICS demande un élargissement de la liste inscrite au B.O.
- identifie, dans le cadre de son rôle propre les besoins, pose un diagnostic infirmier, met en œuvre les actions appropriées et les évalue ;
- développe une dynamique d'éducation à la santé et contribue à évaluer les actions de promotion et d'éducation de la santé ;
- contribue à la formation initiale et continue des personnels ;
- organise le recueil et l'exploitation des données statistiques par le biais du cahier de l'infirmier€.
L'infirmier, soumis au secret professionnel, est le référent et l'acteur de santé, tant dans le domaine individuel que dans le domaine collectif, dans l'établissement scolaire. Faisant partie des personnes ressource de l'établissement, jouant fréquemment le rôle de médiateur voire d'interprète en matière de santé entre plusieurs personnes et travaillant en réseau dans l'intérêt du jeune et de sa scolarité mais se retrouvant le plus souvent seul(e) dans son infirmerie avec toutes les responsabilités qui en découlent, l'infirmier(e) de l'EN, intervient à plus de 90 % de son temps dans le cadre de son rôle propre.
II/ Des missions pour lesquelles le Diplôme d'Etat d'Infirmier n'est pas suffisant
bien que cependant obligatoire. En effet, lequel d'entre nous attesterait ne pas avoir été en difficulté notamment durant son année de stage, devant une séquence d'éducation à la sexualité à mettre en place ou devant un chef d'établissement ou un enseignant souhaitant savoir tout ce qui s'est dit à l'infirmerie ? Nombre de collègues disent leur solitude, face à des responsabilités et des décisions à prendre :
- Une jeune fille qui vient confier à l'infirmière qu'elle a vécu des situations difficiles, un jeune qui dit vouloir mettre fin à ses jours, un enfant que l'on pressent en situation de maltraitance, un adolescent qui se plaint systématiquement du comportement de tel enseignant ?
- Qui n'a pas été interpellé devant cette jeune fille et ce jeune garçon en détresse souhaitant une contraception d'urgence hors délai ?
- Ou face à cette étudiante qui vous demande de l'accompagner pour une IVG ?
- Et le lundi matin face à des conduites addictives d'élèves pendant le week-end ?
- Ou le mercredi en fin d'après-midi à l'internat devant plusieurs élèves alcoolisés ?
- Devant un élève qui a eu un accident en sport qualifié de bénin et qui se plaint la nuit à l'internat de violents maux de tête ?
- Comment faire un signalement pour un écolier maltraité ? A qui le transmettre ?
- Qui n'a pas éprouvé le poids de la responsabilité face à un diagnostic infirmier à poser, à une orientation à proposer à l'élève ou à sa famille, à élaborer un projet d'éducation à la santé et à le présenter au conseil d'administration ?
- Et la nuit, à l'internat, devant cette élève qui va mal et qui ne cesse de pleurer, qui a la certitude d'avoir fait le bon choix estimant que sa situation ne relevait pas d'une intervention du SAMU ou d'un médecin ?
- Et la responsabilité en matière de délivrance des médicaments ?
- Etc.
III/ Une formation d'adaptation à l'emploi diplômante
C'est pourquoi le SNICS revendique depuis sa création une formation d'adaptation à l'emploi d'un an, en université, fondée sur une articulation théorie / pratique avec une formation générale de 380 heures dont une partie commune avec les enseignants et les personnels d'éducation, une formation spécifique de 600 heures et des stages de pratiques accompagnées en lycée, LP, collège, primaire d'une durée totale de 475 heures (Cf. document ci-joint). Année débouchant bien sûr sur une validation de la formation en tant que spécialité Education Nationale. Le SNICS revendique le maintien d'un concours d'admission.
IV/ Pour mieux répondre aux attentes de la société
Ces attentes, en matière de réponse aux besoins de santé des populations, ont évolué depuis la fin de la guerre 39-45. La réponse aux situations d'urgences, dans notre société, est un problème récurrent et des systèmes de réponse se sont adaptés à partir des évolutions de la technique d'une part (Hélicoptère, SAMU, mise en réseau etc.) et d'autre part dans les évolutions des savoirs accumulés et enseignés aux professionnels de santé et aux populations. Dès la fin de la guerre, des infirmières étaient nommés dans les CET. Leur mission première était la réponse à l'urgence d'une population considérée comme à risque aux regards des causes d'accidents inhérentes à l'enseignement professionnel mais elles avaient également en charge une réponse à apporter qui n'était pas codifiée, bien qu'importante, en matière d'écoute et d'accueil de ces élèves qui pour la plupart étaient internes et ne rentraient chez eux qu'à l'occasion des vacances scolaires. De par la spécificité de cette population d'élèves internes, ces infirmières avaient à mettre en œuvre des soins techniques sur prescription des médecins d'internat pour ces élèves qui restaient, par la force des choses, dans l'établissement scolaire compte tenu du peu de moyens de transports existant à cette période.
Parallèlement, les besoins en matière de santé de la population à la sortie de la guerre nécessitaient de mettre en œuvre de vastes campagnes de dépistage et de vaccinations afin de lutter contre des fléaux tels la poliomyélite, la diphtérie, la variole, la tuberculose, etc.
Les progrès de la science et des techniques ainsi que le progrès social ont permis de réduire considérablement l'impact de ces pathologies dans la population, même si nous voyons réapparaître ici ou là certains noyaux de ces maladies que l'on croyait révolues, dans des groupes de populations les plus socialement démunies. Cependant, depuis 50 ans, les moyens en dépistages des pathologies n'ont pas diminué ; la PMI a vu ses missions et ses effectifs augmenter ; les médecins de famille n'ont jamais été aussi nombreux, idem pour les spécialistes, pour les hôpitaux et les cliniques ; la prise en charge sociale en France jusqu'à ces dernières années était une des meilleures d'Europe.
Les causes de mortalité des populations et plus particulièrement des adolescents ont profondément changé en 50 ans et la société se doit d'y répondre. Les orientations de santé publique se sont déplacées pour suivre ces modifications. Les missions des infirmières à l'éducation nationale se sont également transformées au cours du temps pour tenter de répondre au mieux à ces évolutions sans que cependant l'Etat ne se donne les moyens en personnels pour y répondre pleinement. Ces évolutions des infirmières de l'Education nationale ont tenté de suivre les évolutions des besoins et des demandes de santé des adolescents mais cela a été possible parce que dans le même temps le professionnalisme des infirmières, leurs compétences, leur savoir faire, leur volontarisme ainsi que la durée de leur formation se sont accrues.
Même si aujourd'hui nous voyons encore des enfants et des adolescents qui ont besoin de lunettes ou de telle aide ou d'un appareillage, la problématique de santé publique majeure de la population adolescente n'est plus centrée sur les grandes pandémies historiques mais plutôt autour de la souffrance psychique des adolescents comme vient de le souligner le dernier rapport de la défenseur des enfants, Dominique Versini pour qui « la souffrance psychologique peut s'exprimer à travers une diversité de comportements et de troubles. Ceux-ci peuvent en soi être considérés comme des mesures fiables de cette souffrance. Le plus souvent silencieuse, la révolte exprimant le plus souvent une sortie de souffrance... L'adolescence est un moment de désorganisation interne, source de tensions importantes, d'angoisses, de sentiment de dévalorisation ou, à l'inverse, de survalorisation ».
Elle invite à être attentif à l'expression directe de la souffrance d'un adolescent et à toutes ces conduites défensives : opposition, provocation, mais aussi retrait dans l'isolement, le manque d'envie, la solitude. Le nombre de suicides est élevé, 40°000 par an. Il demeure la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans. Il est rare chez les enfants et les jeunes adolescents.
Ces chiffres sont sous estimés puisque l'INSERM estime que 25% des cas considérés comme des traumatismes indéterminés quant à l'intention, seraient en réalité des suicides.
La polyaddiction (alcool, tabac, cannabis) est en hausse constante, elle a doublé en dix ans. La consommation du cannabis s'est banalisée en devenant la première substance illicite consommée. La consommation des jeunes français est une des plus élevées d'Europe. Très faible chez les 12-13 ans elle progresse très rapidement à partir de 14 ans.
Les adolescents font un usage plus élevé que la population générale de l'ecstasy, des amphétamines et de la cocaïne.
La France se trouve dans le peloton de tête (3ème position en Europe) quant à la consommation de produits psychotropes par des adolescents. A 14-15 ans 20% des enfants déclarent en avoir consommés au moins une fois. 13% des adolescents déclarent un usage sans ordonnance.
Les troubles du sommeil sont peu pris en compte. Un ado sur dix prend des médicaments pour lutter contre le stress, l'anxiété ou dormir.
Près de 30% des 15-19 ans disent avoir été ivres plus de quatre fois dans l'année. L'alcool est vécu comme un moyen de défonce. Il est impliqué dans près de 16% des décès, bagarres et violences sexuelles. Près de 40% des premières relations sexuelles ont lieu sous alcoolisation.
Dans l'immense majorité d'agressions sexuelles, magistrats et policiers constatent que les garçons agresseurs ont l'habitude de visionner des films porno et que le scénario de l'agression en est directement inspiré.
Depuis une dizaine d'année on constate une augmentation des cas de décrochage scolaire et d'absentéisme. Sans parler de l'augmentation des violences en particulier infligées à soi même.
Pour la Défenseure des enfants, l'adolescent est longtemps resté oublié des politiques publiques. Le rapport du haut comité de santé publique de 2000 aborde pour la première fois le thème de la souffrance psychique des adolescents. La circulaire des missions des infirmières de l'Education Nationale de 2001 met l'accueil, l'écoute et la relation d'aide comme première des missions pour ces infirmières.
De 2000 à 2005 la lutte contre le suicide et la souffrance psychique des adolescents devient une priorité de santé publique. Cependant le Ministère de l'Education Nationale décide de ne retenir comme indicateur concernant les 14 millions de passages d'élèves dans les infirmeries que le nombre de visites d'admissions réalisés par les médecins de l'éducation nationale et le taux de retour des avis médicaux.
Madame VERSINI souligne que : » Les infirmières scolaires au nombre de 6800 ont pour mission plus large d'assurer les soins courants et la prévention, le repérage des difficultés pouvant entraver la scolarité, l'hygiène, l'éducation à la santé... Leur fonction est celle d'accueil et d'écoute. La plupart du temps le jeune vient à l'infirmerie juste pour parler, il se livre en confiance, en sachant que la confidentialité est respectée et ne demande rien d'autre que l'écoute » Elle souligne que le temps scolaire est différent du temps de la maturation de l'enfant et que l'infirmière fait le lien entre le jeune et les instances éducatives. Quant aux médecins scolaires, pour Madame Versini, ils effectuent les visites obligatoires de CP et à la fin de la scolarité obligatoire. « Leur rôle reste cependant limité car ils n'ont pas la possibilité de prescrire ou d'adresser un enfant chez un autre médecin et les parents peuvent refuser leurs recommandation. »
Quant au Plan « Santé des jeunes 2008 » de Roselyne Bachelot, ministre de la santé, il prévoit la mise en place de consultations « jeunes consommateurs » en rapport avec l'augmentation chez les adolescents de l'usage de substances psychoactives.
Il préconise le développement des consultations jeunes consommateurs au sein des centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie. Ne s'agit-il pas des missions des infirmières que de travailler dans l'établissement scolaire avec les jeunes concernés afin qu'ils acceptent ces consultations car il ne suffit pas que ces consultations existent pour que les jeunes s'y rendent !
Ce plan précise concernant les jeunes en situation de vulnérabilité : « Plutôt qu'un saupoudrage d'information, les collégiens et lycéens ont besoin surtout d'un lieu de parole et d'échange identifié avec comme intervenants des professionnels formés ». L'accueil, l'écoute, les soins, le conseil en santé dans les infirmeries sont bien les missions prioritaires des infirmières définies par les orientations de la politique de santé à l'Education Nationale. Ces missions permettent de donner vie à un lieu de parole et d'échange identifié par les élèves, ce lieu est l'infirmerie où ils rencontrent des infirmières.
Enfin il souligne qu'il faut améliorer la prévention, le repérage et la prise en charge en matière de crise suicidaire chez les jeunes et stipule que « une stratégie nationale d'actions face au suicide 2000-2005 a permis d'organiser des formations pour le repérage de la crise suicidaire qui ont largement bénéficié aux infirmiers scolaires et que l'évaluation de ces formations en a été très positive ».
Pour le SNICS, l'efficacité de ces différents dispositifs repose essentiellement sur le respect des missions et compétences de l'Infirmière Conseillère de Santé référent santé tant auprès des élèves que des équipes éducatives et pédagogiques ou de direction.
Même le Projet de Loi de Finances 2008 au programme 230 « vie de l'élève » spécifie :
La qualité de la vie de l'élève est indissociable de sa réussite scolaire. Elle doit procurer un environnement propice aux apprentissages et contribue elle-même aux apprentissages fondamentaux, notamment à l'acquisition des compétences sociales et civiques et au développement de l'autonomie et de l'initiative de l'élève. (...). La loi a confié à l'éducation nationale une mission de suivi de la santé des élèves. Il s'agit à la fois de veiller à la santé des élèves (bien-être physique, mental et social), de contribuer à la réussite scolaire et de participer à la politique générale en matière de santé publique. La prise en compte de la santé des élèves concerne l'ensemble de la communauté éducative.
L'action relative à la santé porte particulièrement sur les points suivants :
- repérage, dépistage, diagnostic infirmier pour une prévention précoce des troubles, notamment psychiques, susceptibles d'entraver les apprentissages,
- facilitation de l'accès aux soins pour les élèves,
- formation aux premiers secours des élèves et des personnels,
- développement de l'éducation à la sexualité,
- éducation nutritionnelle, éducation au goût et éducation à la consommation,
- prévention des conduites à risque,
- contribution à la protection de l'enfance en danger,
- aide à l'intégration des élèves handicapés ou malades.
L'expérimentation d'un « programme de prévention des conduites addictives » -portant à la fois sur la lutte contre le tabagisme avec notamment le suivi de la mise en oeuvre de l'interdiction de fumer dans les établissements scolaires, la prévention de la consommation de cannabis et une réflexion sur la consommation de boissons alcoolisées et ses effets se poursuit, avec sa généralisation aux différents niveaux de scolarité.
Création de 300 emplois d'infirmières conformément à l'objectif fixé par la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école. Celle-ci prévoit que chaque établissement du second degré devra bénéficier d'ici 2010 des services d'une infirmière identifiée qui participera à l'éducation des élèves en matière de santé, de nutrition et proposera un programme d'actions en matière de comportements à risques pour la santé. L'objectif nécessite la création de 1 500 emplois sur 5 ans soit 300 emplois par an.
V/ Un statut particulier
Pour le SNICS, la reconnaissance de cette formation passe par l'obtention d'un statut particulier sous forme de décret pris en conseil d'état qui préciserait :
- nos missions principales,
- nos conditions de travail notamment la valorisation de l'exercice en internat compte tenu des sujétions particulières,
- notre statut notamment la catégorie A indiciaire, le classement et la durée dans les échelons, et tout ce qui est relatif au recrutement, à la titularisation au détachement et aux contractuels.
Les infirmier(e)s de l'Education nationale intègrent après des parcours professionnels divers (libéral, urgence, réanimation, néphrologie, maison de retraite, PMI...), après des interruptions dans leur carrière ou directement à la sortie de l'IFSI. D'où qu'elles(ils) proviennent, il est constant que les collègues, à des degrés divers, éprouvent des difficultés lors de leurs premières années d'exercice. Cela légitime complètement notre revendication :
- d'une formation d'adaptation à l'emploi, de qualité, validante et diplômante de niveau master 2
- la reconnaissance d'une spécialité « infirmier(e) conseiller(e) de santé ».
Le SNICS a fait des propositions en ce sens à chaque changement de gouvernement et continuera d'œuvrer jusqu'à l'aboutissement de ce statut.
Malgré la période, cela nous semble possible d'autant que le ministère de la fonction publique a déjà acté cette spécificité en prenant en compte en 2006 l'intégralité des propositions du SNICS puisque figure au Répertoire Interministériel des Métiers de l'Etat (RIME), une fiche intitulée « infirmier conseiller de santé » Cf. http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/rime15_11_06.pdf dont les missions sont décrites ainsi « Organise, évalue et met en oeuvre des actions d'éducation à la santé tant dans le champ individuel que collectif et assure des soins préventifs et curatifs ».
Pour le SNICS, il est évident que ce statut ancrerait mieux notre profession dans l'Education nationale et nous permettrait de mieux résister à la décentralisation voire à la RGPP et d'obtenir l'intégration de notre spécialité d'infirmière conseillère de santé au niveau Master dans le dispositif LMD (Cf. thèmes RGPP et LMD). Enfin, de décrocher la catégorie A tant attendue et si méritée pour toutes et tous.