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Le  n° 69 du DE BUT EN BLANC est en ligne.

 

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Thème III Version imprimable Suggérer par mail

Construire la filière universitaire infirmière

complète Licence Master Doctorat.

Comment passer du grade de licence à un diplôme de licence ?

Les avancées depuis le dernier congrès

Lors du dernier congrès de Lille, nous nous étions donnés mandat de tout mettre en œuvre pour que les études infirmières soient intégrées dans le dispositif universitaire complet Licence-Master-Doctorat et qu’elles soient reconnues par un diplôme de licence.

Pour y répondre, un collectif regroupant 23 associations et syndicats s’était créé autour du SNICS et se réunissait régulièrement dans nos locaux. Nous avions alors élaboré tous ensemble un argumentaire pour la discipline infirmière avec une plateforme de propositions pour la création d’une filière en sciences infirmières.

Le SNICS a poursuivi sa démarche de réflexion et d’action tant au niveau de la mobilisation de la profession que dans son rôle de coordonnateur au sein du collectif.

Fort de ce collectif et grâce à une nouvelle manifestation à l’automne 2008 qui a balayé le scénario de la licence professionnelle, la réforme de la formation initiale est appliquée depuis la rentrée de septembre 2009 sur la base des nouveaux référentiels qui ont intégrés des contenus universitaires validés par l’enseignement supérieur. Le SNICS avait toujours défendu dans les groupes de travail  une unité d’enseignement en recherche, préalable indispensable à la construction d’une filière complète en sciences infirmières et garante d’un niveau de qualification en lien avec l’évolution des savoirs  et la recherche en soins infirmiers. (Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’Etat d’infirmier).

(Lire l’historique des actions dans le rapport d’activité)

Cette formation s’inscrit désormais dans l’architecture européenne des études supérieures, avec la délivrance de 180 ECTS.

Pour le SNICS, la validation des 180 ECTS ne correspondait pas au volume d’enseignement requis pour le diplôme d’Etat, notre revendication portant sur le niveau Master 1. L’étude réalisée à la demande du Département of Health du Royaume uni pour le récapitulatif de la formation initiale infirmière dans les pays de l’OCDE, en vue de la mise en œuvre du processus de Bologne, a montré que 40% des pays ont une durée de formation initiale universitaire supérieure à 3 ans.

Conjointement à l’obtention du Diplôme d’Etat d’infirmier, les étudiants en soins infirmiers se voient délivrer le grade de licence à partir de 2012 (décret n°2010-1123 du 23-09-2010).

Pour l’obtention de ce grade, le décret précise l’obligation d’une convention tripartite entre l’IFSI, la Région et une ou plusieurs universités appelées à intervenir dans la formation.

Le protocole d’accord du Ministère de la Santé du 2 février 2010 annonce le développement de masters pour les spécialisations et de programmes de recherche en soins infirmiers.

C’est une étape primordiale qui a été gagnée et qu’il faut continuer à faire avancer.

Nous devons plus que jamais relancer l’unité autour de la plateforme de propositions car il est vital pour notre profession que nous ne restions pas au milieu du gué. C’est par l’action et la réflexion dans l’unité que nous pourrons passer d’un grade de licence à un diplôme de licence, asseoir ainsi la discipline infirmière dans une filière complète et par là-même, plus particulièrement pour les infirmier(e)s de l’Education nationale, faire reconnaître notre demande de spécialité par un diplôme de Master.

 

Rattachement et intégration universitaire

 

Il est inadmissible que les étudiants en soins infirmiers continuent à ne pas  bénéficier  des mêmes droits que les autres étudiants, que ce soit en matière de bourse, d’accès aux services de l’université, d’indemnisation des stages, de logements d’étudiants… En effet, la convention tripartite ne le garantit pas car ce n’est pas un rattachement à l’université.

Il est urgent que soit institué par décret, dans un premier temps, un véritable rattachement des IFSI à l’université pour, à terme, leur intégration universitaire.

L’infrastructure institutionnelle actuelle des IFSI ne doit pas en être un frein comme le laissait entendre le rapport de la commission Domergue (7 juillet 2010), qui ne souhaitait pas le transfert de l’appareil de formation dont le rôle est tenu par les régions par l’application de la loi relative à la décentralisation (article 73 de la loi n°2004-809).

D’ailleurs, le rapport de la commission Hénart (janvier 2011) « considère que le système de compétences croisées (programmes et certifications par l’Etat, financement des formations initiales par la région) n’est pas le plus efficace pour la mise en place d’une démarche cohérente et pertinente des qualifications de niveau supérieur ». Il préconise de redonner compétence à l’Etat sur l’ensemble des questions de formations initiales des professions paramédicales, en ancrant ces formations et celles de niveau supérieur par la mise en place de filières universitaires, dans un champ universitaire national.

De même, l’étude réalisée à la demande du Département of Health du Royaume uni pour le récapitulatif de la formation initiale infirmière dans les pays de l’OCDE, en vue de la mise en œuvre du processus de Bologne, a montré que plus de 83% des pays ont comme tutelle et structure en charge de la formation l’Enseignement supérieur.

A terme, quel type de structure d’intégration dans l’enseignement supérieur ? Quels statuts ? Quelle autonomie en matière de budget, de pédagogie, d’emplois …?

L’université peut intégrer 3 types de structures, appelées « composantes de l’université »: UFR (Unité de Formation et de Recherche), Ecole interne à l’université ou Institut interne à l’université.

-          Les UFR sont créées par délibération du conseil d’administration de l’université.

      Elles n’ont pas d’autonomie financière. Elles participent à l’élaboration du budget de l’université et disposent d’un budget propre intégré à celui de l’université et approuvé par le conseil d’administration.

            Elles n’ont pas d’autonomie pédagogique (sauf statut dérogatoire pour les UFR médicales).

            Le directeur est élu par le conseil de l’UFR, parmi les enseignants ou chercheurs de l’UFR participant à l’enseignement.

-          Les Ecoles et Instituts sont créés par arrêté du ministre de l’Enseignement supérieur après avis du conseil d’administration de l’université et consultation du CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche).

            Ils ont l’autonomie financière. Le conseil d’Ecole ou d’Institut vote le budget. Les ministres compétents peuvent leur affecter des crédits et des emplois attribués à l’université. Le conseil d’Ecole ou d’Institut soumet au conseil d’administration de l’université la répartition des emplois.

            Le conseil d’Ecole ou d’Institut définit le programme pédagogique et le programme de recherche dans le cadre de la réglementation nationale en vigueur.

            Le directeur d’Institut est élu par le conseil de l’Institut. Le directeur d’Ecole est nommé par le ministre de l’Enseignement supérieur. Les directeurs sont choisis parmi les personnels qui ont vocation à enseigner dans l’Institut ou l’Ecole. Il ne peut y avoir d’affectation de personnel sans leur accord.

 

 

Quelles solutions statutaires pour la mise en place d’une filière universitaire complète ?

Quelles modalités d’intégration des actuels formateurs dans un statut universitaire ?

Le décret n°2010-1123 stipule que la contribution des universités à la formation repose notamment sur des enseignements assurés par des universitaires, la participation d’enseignants chercheurs aux jurys d’examens. Cela pose la problématique du statut des formateurs de notre profession, afin que les « arts infirmiers » restent dispensés par nos pairs.

Il faudra définir les statuts qui  permettront dans un premier temps la titularisation des formateurs et dans un deuxième temps le recrutement des futurs enseignants de la formation infirmière. Quels critères d’intégration dans le corps des enseignants des formateurs actuels ?

La création d’enseignants-chercheurs est essentielle à la construction d’une filière complète car ils sont les seuls susceptibles de former des étudiants à la recherche et par la recherche.

Une articulation entre les activités d’enseignement et de recherche d’une part, propres à tous les enseignants-chercheurs, et l’exercice d’une activité professionnelle de soins d’autre part, doit-il constituer le fondement du profil de l’enseignant en soins infirmiers qui doit disposer des connaissances théoriques et maîtriser les connaissances pratiques ?

Pour les professions de santé, les enseignants ont le statut hospitalo-universitaire et l’obligation d’une activité de soins en complément de leur activité d’enseignement et de recherche.

Lors du séminaire sur la réforme des études infirmières le 8 juin 2009, Monsieur Courtaud, représentant la Direction Générale de l’Enseignement supérieur, avait fait un parallèle entre la profession infirmière qui est une profession généraliste et la profession de médecin généraliste.

Or, lors de la constitution de la filière universitaire de médecine générale, la définition de statuts aptes à permettre à court terme la titularisation des enseignants et à moyen terme le recrutement des futurs enseignants, s’est heurtée à l’inadaptation du statut hospitalo-universitaire pour l’exercice d’une activité de soins qui n’est pas hospitalière en médecine générale. Un statut spécifique d’enseignant  en médecine générale a été créé pour y répondre (loi n°2008-112 du 8 février 2008) : l’activité de soins est réalisée en médecine générale et ambulatoire, les enseignants pouvant l’exercer en libéral dans le cadre de la loi du 2 février 2007 sur le cumul d’activité.

 

 

Pourquoi exiger un diplôme de licence au lieu d’un grade de licence ?

 La différence entre le grade et le diplôme de licence a des conséquences en termes de reconnaissance et de formation. Pour le reconventionnement salarial, c’est le diplôme qui conditionne le salaire et non le grade.

Un grade de licence revient à une universitarisation partielle de la formation infirmière : c’est une reconnaissance de niveau. Une licence générale donnerait le diplôme de licence et imposerait un reclassement de notre profession en catégorie « A type ». Cette licence induirait de fait un reclassement des spécialités en A+.

En outre, le grade ne permet pas de cohérence entre la licence et le master d’une part, et avec la filière de formation spécifique d’autre part. Il ne permet de fait que des choix individuels de poursuites d’études, et non une reconnaissance officielle de la filière et donc des spécialités.

En effet, l’article 2 du décret n°2002-481 du 8 avril 2002 stipule que : « Les diplômes nationaux sanctionnent chaque étape du déroulement des études supérieures dans un domaine de formation particulier mentionné dans l’intitulé du diplôme. Ils confèrent les mêmes droits à tous les titulaires, quels que soient les établissements qui les ont délivrés et les modes d’acquisition ».

 

Comment passer du grade au diplôme ?

Comme nous venons de le voir, la création d’une filière en sciences infirmières est incontournable.

De même, un des objectifs essentiels pour l’Enseignement supérieur dans le passage au LMD est la mise en place de passerelles avec d’autres formations de santé ou d’autres formations universitaires.

 

Une licence générale inclurait les enseignements propres à la formation infirmière et des enseignements transversaux (communs à la licence des sciences de la vie, des sciences humaines…). Le programme des examens pour le diplôme infirmier serait inclus dans cette licence générale.

Cette proposition lève l’obstacle de l’absence de sélection pour entrer à l’université, l’admission se faisant sur titre (BAC ou Equivalence).

En effet du fait du numerus clausus, les étudiants devront avoir été reçus au concours d’entrée de la formation infirmière pour pouvoir bénéficier des unités d’enseignements qui sont propres à cette formation mais ils pourront s’inscrire aux unités d’enseignements transversaux.

Cette proposition a l’avantage d’une inscription choisie d’emblée pour les études d’infirmières et non par échec au concours d’entrée (des études médicales par exemple) comme on aurait pu s’y attendre lorsqu’une première année commune pour toutes les professions de santé avait été envisagée.

La formation infirmière « bi-diplômante » est donc possible : diplôme de licence et diplôme d’Etat.

 

Il en est de même pour les spécialités existantes pour lesquelles la mission Domergue propose leur reconnaissance au « niveau » master 1 ou 2. La formation bi-diplômante doit être exigée pour les masters et le même modèle que la licence peut être retenu si un numerus clausus est exigé.

  

Niveau de recrutement à l’entrée de la formation : année de sélection ? pré requis nécessaires ?

 

Lors du dernier congrès, nous nous étions interrogés  sur l’éventualité d’une classe préparatoire aux études infirmières, l’acquisition de savoirs transversaux, en sciences humaines notamment et l’apprentissage de l’analyse étant essentiels à la dimension du soin.

Dans son rapport, la mission Domergue préconisait la mise en place d’une L1 « paramédicale » qui serait une année de sélection et non une année de formation validante (contrairement à la L1 médicale qui est aussi une année de sélection au concours mais validante, les stages intervenant à la fin de la L1 suite à la réussite au concours …pendant les vacances). Celle-ci donnerait lieu à la validation de crédits d’enseignement, permettant aux étudiants n’ayant pu intégrer une formation para médicale de se réorienter dans un autre cursus sans perdre une année. Or d’emblée la mission a écarté  la formation infirmière dans cette sélection, au vu du fait que les infirmiers entament majoritairement leur formation directement après le baccalauréat contrairement aux autres professions, que cette barrière à l’entrée de la formation hausserait excessivement le niveau de sélection pour la profession et augmenterait la durée d’études alors que le pays a besoin d’un nombre croissant de ces professionnels !

Cependant, comme nous l’avions posée lors du congrès de Lille, la question de l’éventualité d’une classe préparatoire pourrait-elle faciliter l’élévation de notre formation au niveau Master 1 par la validation d’ECTS ?

  

Une filière en sciences infirmières

 

Les sciences infirmières peuvent être regroupées en 4 domaines d’activité interdépendants :

-          La pratique de l’exercice dont le champ d’investigation est large (établissements de santé, structures médico-sociales, domicile, Education, entreprises, milieu carcéral …)

     -          L’enseignement et la formation

     -          La gestion et l’organisation du système de soins

     -          La recherche

La plateforme de propositions du collectif reste d’actualité.

 

   *   Licence en soins infirmiers avec obtention conjointe du Diplôme de Licence et du Diplôme d’Etat                                                 

   * Masters en sciences infirmières donnant accès aux domaines d’activités infirmières post DE avec obtention conjointe du Diplôme de Master et d’un Diplôme d’Etat.

Le préalable à l’accès à toute spécialisation est l’obtention du DE de la formation initiale (la tendance pour  tous les pays de l’OCDE est la disparition des formations spécialisées en entrée directe, sans le DE infirmier).

 -   Spécialités actuelles et futures (dont le Master Infirmier Conseiller de Santé à l’EN)

 -   Cadre de santé option Infirmier pour les domaines de la gestion et de la formation

Il est essentiel dans les programmes de ces masters, qu’une formation commune en droit, responsabilité et connaissance de l’expertise y soit inscrite afin que la profession infirmière soit en mesure d’expertiser elle- même sa pratique, y compris dans le cadre judiciaire.

 

   * Doctorat en partenariat avec les autres disciplines dans le champ de la santé, la discipline infirmière apportant sa contribution spécifique aux recherches interdisciplinaires.

Il fournira en outre le vivier indispensable des enseignants-chercheurs et des chercheurs.

 

 

Accès à la filière pour les infirmiers déjà diplômés

 

Le grade de licence n’étant pas conféré aux infirmiers diplômés avant la réforme, la circulaire précise la mise en place d’une commission pédagogique pour la validation des études et expériences professionnelles, en vue de l’accès aux différents niveaux de l’enseignement supérieur. (circulaire interministérielle n°DHOS/RH1/DGSIP/2009/201 du 26 juin 2009)

 

Il faut exiger que le DE des infirmiers en exercice soit d’emblée reconnu au grade de licence au niveau national, permettant ainsi la poursuite d’études vers les masters de la filière en sciences infirmières.

L’actualisation des connaissances étant de fait une obligation professionnelle pour les infirmiers, une commission pédagogique d’enseignants n’a pas lieu d’être.

 

Il nous faut obtenir que des dispositifs soient mis en place dans le cadre du droit à la formation continue et du Droit individuel de Formation (DIF) pour répondre aux nouveaux besoins créés par la filière universitaire.

 

Texte adopté par 103 voix pour, 0 voix contre, 7 abstentions et 0 refus de vote.

 
 

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