Il est habituel pour le SNICS de venir tous les 2 ans au congrès
du SNESup et c'est un réel plaisir pour moi de représenter ici le syndicat des
infirmières de la FSU.
Lors de votre dernier congrès j'avais été mandatée pour vous
questionner concernant le LMD et la place de la formation initiale des
infirmières dans ce système et je vous avais dit combien nous souhaitions une
formation de qualité qui s'inscrive dans un schéma de l'enseignement supérieur
conforme à un réel cursus universitaire, enjeu essentiel pour la revalorisation
de notre profession et pour le devenir de la santé demain.
Aujourd'hui, je viens vous dire notre souhait de voir la
mobilisation que notre organisation syndicale a initiée avec d'autres
organisations d'infirmières et d'étudiants infirmiers, s'amplifier pour gagner
la reconnaissance tant attendue par notre profession, d'autant que les
organisations étudiantes commencent à rejoindre le mouvement. L'UNEF par
exemple est signataire de l'appel à l'action du 14 juin prochain à laquelle je
veux également vous inviter à nous apporter la solidarité du SNESup.
N'est-il pas anormal de voir combien les infirmières dans
tous les secteurs d'activité sont mal payées, maltraitées dans leur travail,
finalement si mal reconnues socialement ? Est-il normal que les étudiants
infirmiers n'aient pas les mêmes droits que les étudiants universitaires dont
les droits sont pourtant déjà nettement insuffisants ?
Une de nos principales difficultés provient du fait que
notre métier est en fait mal connu et aussi très mal défendu par les
infirmières elles-mêmes qui ne prennent pas le temps et n'ont pas l'énergie
suffisante pour expliquer quelle est leur place réelle dans le système de
soins. Elles pensent qu'a priori leur place est évidente. De ce fait, l'idée
qu'on se fait de l'infirmière même à l'intérieur du monde médical, fait
fréquemment apparaître nos demandes comme illégitimes.
Malgré la période assez morose, nous nous réjouissons car grâce
à l'action, des rapprochements se construisent entre étudiants d'université et
étudiants en soins infirmiers. Ceux-ci revendiquent légitimement d'avoir des
droits égaux à ceux de leurs homologues des universités. Ils réclament aussi,
comme les professionnels infirmiers quel que soit leur secteur d'exercice,
public, privé et à domicile, l'intégration des études d'infirmière dans le
dispositif LMD.
La proposition de motion élaborée par l'UNEF au CNESER de
lundi dernier pour soutenir l'action des étudiants infirmiers, est la preuve
que l'unité est non seulement possible mais surtout un objectif à atteindre
pour stopper les régressions et obtenir des avancées. C'est ce qu'il va nous falloir
construire ensemble pour résister aux réformes annoncées dans l'enseignement
supérieur dont nous sommes tous conscients, car ces réformes risquent d'être
extrêmement préjudiciables à la démocratisation de l'enseignement supérieur et
donc à l'accès de tous les jeunes aux savoirs.
Tout comme nous savons pouvoir compter sur le soutien du
SNESUP dans nos combats parce qu'ils sont légitimes, vous pouvez compter sur le
nôtre malgré notre petite taille car il ne faut faire fi d'aucune solidarité.
Bonne fin de congrès.