Bonjour. Je vous remercie d'excuser l'absence de Brigitte Le
Chevert qui ne pouvait être présente à votre congrès et c'est avec plaisir que
je représente aujourd'hui le SNICS.
Vous avez placé votre congrès sous le signe de « la
parole de ceux qui font l'école »... Merci donc de donner la parole au SNICS
car c'est bien ensemble que nous faisons l'école, avec des rôles bien
différents et complémentaires mais tous indispensables à la réussite des
élèves.
Ce congrès s'inscrit dans un contexte de dégradation du
service public d'éducation et plus largement de l'ensemble des services
publics. Ensemble au sein de la FSU nous avons construit des mobilisations pour
nous opposer aux différentes attaques du gouvernement et pour défendre des
objectifs ambitieux pour l'école. Je ne développerai pas les attaques
particulièrement violentes dont le second degré est l'objet particulièrement
l'enseignement, les enseignants et les conseillers d'orientation psychologues à
propos des moyens, des missions, des statuts, de l'IUFM... questions sur
lesquelles le SNES est en 1ère ligne de l'action. Il ne faut pas
oublier bien entendu les temps forts fédéraux comme celui du mois de janvier
sur l'ensemble des problèmes de l'éduc, temps forts qu'il faudra peut être
envisager à nouveau en fonction des orientations régressives qui nous seraient
imposées.
En détaillant le programme de votre congrès, nous avons
réagi au SNICS en pensant que nous pourrions avoir sensiblement les mêmes
thèmes à notre prochain congrès...
En effet, le 1er thème : « un second degré
ambitieux pour l'accès de tous aux savoirs et aux qualifications »
pourrait être transposé en changeant simplement quelques mots « un système
de santé ambitieux pour l'accès de tous aux soins, au bien être, à la
santé ». En matière de santé, l'accès pour tous aux soins de qualité est
aujourd'hui réellement en cause. Avec les fermetures programmées de certaines
structures hospitalières, les réductions de crédits, l'introduction de plus en
plus prégnante de la notion de rentabilité, ... le risque est effectivement
grand de voir la qualité des soins diminuer notamment dans le secteur public.
Or, le droit à la santé pour tous passe par la défense et le renforcement des
services publics de soins dans lesquels les infirmiers occupent une place
centrale car sans eux notre système de santé ne tournerait pas.
Le SNICS étant un syndicat infirmier, la question de la
formation des infirmières est actuellement une de nos préoccupations
principales. En effet, notre inquiétude est grande à propos de l'accès possible
au diplôme d'infirmier par la voie d'une VAE systématisée, mise en place pour
réduire le coût de la formation et répondre à la pénurie d'infirmières. Une
fois de plus l'impasse est faite sur l'absence de reconnaissance salariale de
notre profession pourtant à l'origine de cette pénurie et sur la baisse de la
qualité des soins que va engendrer cette formation au rabais.
Ensuite dans le thème 2 « les personnels respectés dans
leurs métiers, leurs qualifications, leurs droits ». Là encore nous sommes
en convergence. Si nous souhaitons défendre la qualité des soins de notre
système de santé, il est indispensable de définir et de reconnaître les métiers
de la santé et leurs qualifications. Nos souhaitons défendre un haut niveau de
formation, d'où notre colère de ne pas avoir encore obtenu l'intégration dans
le système LMD de notre diplôme et sa reconnaissance a minima au niveau Licence
(pour rappel, le volume de la formation d'une infirmière est de 4760 heures sur
39 mois).
C'est la raison essentielle des actions actuelles des
étudiants infirmiers et des actions infirmières qui se dessinent depuis
quelques semaines.
Le SNICS ne peut accepter de voir les conditions de travail
des infirmières se dégrader, les salaires stagner... Il ne peut se résoudre à
voir les infirmières vivre mal l'exercice de leur profession, tant à
l'Education Nationale, qu'à l'hôpital ou dans toute autre structure de soins
notamment parce qu'on ne donne pas aux infirmières les moyens d'exercer
pleinement leur profession auprès des usagers. Il nous semble important que
vous sachiez qu'à l'Education nationale par exemple, malgré le battage fait
autour des 300 créations de postes d'infirmière obtenues en 2006 et 2007, nous
sommes encore loin de pouvoir réaliser l'ensemble de nos missions auprès des
élèves et des étudiants dont nous avons la charge : en septembre 2007, pour
plus de 8000 collèges et lycées publics, des dizaines de milliers d'écoles
primaires publiques et les 2 millions d'étudiants, il n'y aura toujours que 7150
emplois d'infirmière !
Enfin, ce dernier thème sur lequel vous travaillerez
« quel syndicalisme pour aller de l'avant ». Sur le champ de
l'éducation, nul doute que le travail fédéral doit être poursuivi et approfondi
parce qu'un projet ambitieux pour l'école ne peut qu'être le fruit de la
réflexion de l'ensemble des acteurs du système éducatif. L'avenir et le devenir
du syndicalisme nous renvoient au mandat d'élargissement de la FSU indispensable à son
évolution. Le SNICS est à présent dans la mise en œuvre de ce mandat et du
mandat d'ouverture qu'il a lui-même décidé vers l'Hospitalière et la Territoriale pour
défendre et promouvoir le service public de santé, la qualité des soins, et
pour œuvrer en faveur de la reconnaissance et de la valorisation de notre
profession. C'est une tâche que nous savons difficile et pour laquelle toutes
les aides seront les bienvenues mais nous sommes convaincus même sans vendre la
peau de l'ours, que notre forme de syndicalisme peut intéresser les infirmières
qui comme les enseignants sont attachées à un syndicalisme identitaire, et non
corporatiste.
Je vous remercie de l'attention que vous m'avez accordée et
je vous souhaite bon courage pour la poursuite de vos travaux.