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Actualité

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Sixième Congrès National

 

Le 6ème Congrès National du SNICS s'est déroulé à Lille du 2 au 5 juin 2008.

 

Lien vers le BBL n° 53

 

 

 

 

Nos publications

Cliquer ici pour voir nos publications : "De But En Blanc" 

 

 

 

 

Lettre d'Infos







Les textes

Cliquer ici pour aller sur les textes relatifs à l'exercice infirmier à l'Education Nationale

 

 

 

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Colloque FCPE du 13 janvier 2007 Version imprimable Suggérer par mail

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Dans le cadre du colloque organisé par la FCPE le 13 janvier 2007 à Paris sur la médecine scolaire, le SNICS et le SNMSU ont été invités à présenter chacun leurs orientations et enjeux sur ce sujet et à répondre aux délégués FCPE venus de toute la France.

L'après-midi, 3 ateliers : le premier sur l'éducation sexuelle avec Israël Nizand, le deuxième sur les lycées sans tabac avec l'intervention d'un proviseur et le troisième animé par une représentante de la FCPE sur le poids des cartables.

Annie Filloux, Annie Dufour représentaient le SNICS à ce colloque.

 
Médecine scolaire 

 

Je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser Brigitte Le Chevert notre secrétaire générale, pour son absence. Je vous remercie d'avoir invité le SNICS à intervenir lors de votre colloque sur la médecine scolaire, bien que les infirmières de l'Education nationale n'en fassent pas partie, d'une part parce qu'elles ne sont pas des personnels médicaux, mais surtout parce que les missions dévolues à la médecine scolaire ne font pas partie des missions des infirmières.

 

Le périmètre de la médecine scolaire est défini principalement dans des textes discutés en dehors du débat sur l'Education nationale. Ainsi, c'est dans le cadre du projet de loi sur la protection de l'enfance, que les députés viennent dans un consensus général de décider le 9 janvier dernier, de renforcer la prévention sanitaire par l'adjonction de visites médicales obligatoires non seulement au cours de la sixième année comme jusqu'à présent mais également au cours des neuvième, douzième et quinzième années des élèves. Ces textes, votés en dehors de l'Education Nationale, ont vocation à s'appliquer quelque soit le lieu de scolarisation.

 

Pour les infirmières de l'Education nationale, il en va différemment : en effet, bien que leurs décrets professionnels soient discutés et validés par le ministère de la santé parce que ces décrets concernent tous les infirmiers et ont pour objet de définir le soin infirmier y compris dans sa dimension éthique, en ce qui concerne la Santé à l'Ecole et par conséquent les missions infirmières, c'est le ministère de l'Education nationale qui est le seul décideur et le maître d'œuvre. Par exemple, le débat sur la contraception d'urgence a été conduit par le ministère de l'éducation nationale et non le ministère de la santé. La loi sur cette contraception d'urgence s'applique uniquement aux établissements publics d'enseignement et aborde avant tout pour les infirmières les missions d'accueil, d'écoute et de dimension éducative. Dans le même sens, c'est dans le cadre du débat sur l'Ecole, que les 1500 créations d'emplois d'infirmière ont été votées, pour mettre en œuvre non pas des dépistages médicaux qui comme on vient de voir sont décidés en dehors du champ et des compétences de l'Education nationale, mais pour accueillir et écouter les élèves dans le cadre de la réussite scolaire. Le CTPM du 11 janvier 2007 vient de le rappeler. Le même CTPM a par ailleurs été conduit à supprimer 30 postes d'assistantes sociales qu'il avait pourtant programmés, pour les transformer en 30 postes de médecins afin de permettre aux médecins de l'Education nationale de répondre aux nouvelles obligations que la loi sur la protection de l'enfance que je viens d'évoquer, a décidé de leur confier.

 

La nécessité de recentrer la Santé à l'Ecole sur ses propres enjeux a donné lieu, après 2 ans de négociations avec les cabinets de Ségolène Royal puis de Jack Lang, à 3 textes publiés par le ministère de l'Education nationale le 12 janvier 2001 : un texte arrêtant l'orientation générale de la politique de santé de l'Education nationale et deux textes définissant les missions respectives des médecins et des infirmières. Les 2 principaux syndicats d'infirmières, SNICS/FSU et SNIES/UNSA en accord avec le SNPDEN, syndicat majoritaire des chefs d'établissement, ont à cette occasion publié un communiqué commun pour saluer l'orientation positive et citoyenne de ces textes en matière de politique de Santé à l'Ecole.

 

En améliorant la lisibilité de la Santé à l'Ecole et en substituant le service de promotion de la santé créé en 1991 par une mission de promotion de la santé en faveur des élèves, ces textes ont permis d'une part un meilleur éclairage des compétences, des obligations et des responsabilités de chaque professionnel de l'Ecole, d'autre part de mieux promouvoir la santé des jeunes du système éducatif et de mieux répondre à leurs demandes de soins, d'écoute, de conseil, d'éducation à la santé et de suivi.

 

Cette nouvelle orientation de la politique de santé en faveur des élèves, a ciblé l'établissement scolaire au cœur du dispositif, je cite " le cœur de la politique de santé est l'établissement scolaire sur lequel repose la définition des besoins, l'impulsion et l'animation des actions dans le cadre du projet d'école ou d'établissement, l'organisation des partenariats de proximité, sous la responsabilité du directeur d'école ou du chef d'établissement, tant en ce qui concerne les élèves que les équipes éducatives. Les stratégies et les actions doivent être élaborées notamment à partir des besoins et des propositions des écoles et des établissements scolaires afin de les mobiliser de manière efficace ".

 

Non seulement ces circulaires ont affirmé la nécessaire implication de l'ensemble des personnels de l'Ecole à la mission de promotion de la santé en faveur des élèves et à la promotion du bien être, mais elles ont également réactualisé la place et le rôle de l'infirmière dans l'établissement pour pouvoir mieux répondre ponctuellement et dans la continuité, au besoin de santé globale des élèves et leur permettre de reprendre rapidement la classe dans les meilleures conditions pour leur réussite.

 

Pendant la durée de leur scolarisation, les élèves passent de 6 à 10 heures par jour, voire davantage, dans les établissements scolaires. L'école, lieu d'apprentissages et de socialisation, est donc aussi un lieu de vie. Les difficultés que rencontrent une grande majorité d'élèves peuvent relever d'une adaptation aux rythmes scolaires, heures de passage matinales et tardives des transports en commun, journées de travail trop longues, étude le soir, temps de repas trop courts ou bruyants, classes surchargées, quelquefois insuffisance de personnels qualifiés pour encadrer, absence de lieux de vie structurés et équipés, pression de la réussite scolaire de la part de l'institution, etc.

 

A ces difficultés peuvent s'ajouter les problèmes rencontrés à la maison dus à une situation familiale difficile mais également à la pression parfois subie et exercée par certains parents concernant la scolarité et qui ne permet pas aux jeunes de souffler. Il peut en être de même pour les activités extra scolaires imposées par les familles ou à contrario, l'absence totale de loisirs qui peut également générer des frustrations.

 

Les infirmières sont donc confrontées aux différents symptômes que présentent les jeunes en réponse à ces difficultés du quotidien et qu'ils ne savent pas toujours nommer. C'est pourquoi elles ne négligent aucun des facteurs influant sur la santé globale des élèves ou sur leur scolarité.

 

L'espace infirmerie, lieu d'intimité où les jeunes peuvent se poser et venir parler de ce qu'ils vivent à un professionnel de la santé, doit être protégé comme le réclament les élèves, les parents et nos partenaires enseignants et éducatifs. En effet, lorsqu'un espace de remédiation ayant des compétences dans le champ de la santé globale existe au sein de l'établissement, la « remise en selle » personnelle et scolaire de l'élève pourra être plus rapide et ce d'autant, s'il en est besoin, qu'un travail en partenariat avec les autres membres de l'équipe pluriprofessionnelle pourra être mis en place pour des solutions de soutien.

 

L'infirmerie est un espace rassurant où les jeunes trouvent refuge lorsqu'ils sont en détresse après avoir pris certains risques. Des solutions peuvent être rapidement trouvées pour ces non-malades qui pourtant demandent des soins pour leurs blessures intimes. Nous avons l'exemple de jeunes adolescentes... Une jeune fille qui a un rapport non protégé, souvent ne sait plus très bien où elle en est... Si de plus, elle vit en milieu rural où la contraception d'urgence est d'un accès plus problématique qu'en milieu urbain, c'est auprès de l'infirmière d'établissement que le plus souvent elle vient « déposer » sa détresse : peur d'être enceinte, difficulté à parler de sa sexualité naissante ou de relations affectives décevantes... Il apparaît donc important pour cette jeune fille qu'elle puisse avoir à proximité, un professionnel compétent qui puisse évaluer sa demande, délivrer si besoin la contraception d'urgence, assurer le suivi afin que cette élève puisse avoir accès à une sexualité responsable. Mais aussi qu'elle retrouve l'estime de soi si elle s'est sentie atteinte dans son intégrité, pas respectée ou pour qu'elle retrouve sans crainte la possibilité d'une relation affective partagée. La construction de la sexualité des élèves souvent liée à des comportements à risques, perturbe fréquemment le temps de l'Ecole. Nous devons les aider à construire et à protéger leur intimité, les rassurer, les faire réfléchir sur ce qu'ils cherchent à travers elle, leur permettre de s'épanouir afin qu'ils soient aussi disponibles pour les études. Mais cette éducation ne peut faire l'impasse sur la prévention du risque de grossesse non désirée. C'est pourquoi la loi a autorisé les infirmières de l'Education Nationale à délivrer la contraception d'urgence.

 

L'objectif de l'éducation nationale étant la réussite scolaire des élèves, le système éducatif prend en compte les enseignements mais également les conditions qui permettent ces enseignements. C'est en ce sens que l'éducation nationale recrute des infirmières dont les missions sont en lien direct avec l'acte pédagogique.

Mais pourquoi des infirmières ?

Le décret du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier définit les soins infirmiers comme relationnels, techniques, éducatifs, préventifs ou curatifs.

L'article 2 stipule : « Ces soins ont pour objet, dans le respect des droits de la personne, dans le souci de son éducation à la santé et en tenant compte de la personnalité de celle-ci dans ses composantes physiologique, psychologique, économique, sociale et culturelle de protéger, maintenir, restaurer et promouvoir la santé physique et mentale des personnes ou l'autonomie de leurs fonctions vitales physiques et psychiques en vue de favoriser leur maintien, leur insertion ou leur réinsertion dans leur cadre de vie familial ou social ».

L'article 5 précise « Entretien d'accueil privilégiant l'écoute de la personne avec orientation si nécessaire, aide et soutien psychologique ; observation et surveillance des troubles du comportement ».

Enfin l'article 14 souligne « selon le secteur d'activité où il exerce, et en fonction des besoins de santé identifiés, l'infirmier propose des actions, les organise ou y participe ».

Les infirmières déclinent donc de manière spécifique des facettes de leur profession au sein de l'Education Nationale, déclinaison qui nécessite la mise en œuvre de professionnalités spécifiques. Dans le système éducatif, ce sont principalement les soins relationnels et éducatifs qui sont utilisés et utiles même si les soins techniques, curatifs ou préventifs ont également leur place. Les soins relationnels sont à différencier de la dimension relationnelle inhérente à tout soin. Le contenu du soin relationnel n'est pas une simple conversation entre l'infirmière et l'élève. Mal connu, ce soin n'est donc pas une simple écoute. C'est à partir des concepts théoriques que l'action de l'infirmière va se porter sur l'élève et son environnement afin de l'aider à identifier ce qui pose problème et à utiliser ses ressources internes et ses capacités à réagir. L'infirmière essaie de trouver des réponses satisfaisantes dans le cadre de sa démarche de soins pour redonner confiance à l'élève, le responsabiliser et aussi le rendre plus disponible pour sa réussite.

 

Quelles sont les garanties apportées par les soins infirmiers ?

Des garanties aux élèves tout d'abord

  • Garantie que l'ensemble de ces soins seront donnés avec « compétence » puisque l‘exercice de cette profession n'est possible qu'avec un diplôme d'état et dans le respect de règles professionnelles éthiques (décret de février 1993).
  • Des garanties de secret professionnel et de confidentialité préservant le respect de la personne et de son environnement.
  • La garantie que tout sera mis en œuvre pour le réinsérer dans le fonctionnement de l'institution et donc des cours.
  • La garantie liée à la position non coercitive de l'infirmière au sein de l'institution.
  • La garantie liée à l'obligation faite à l'infirmière de rétablir du lien autant que faire se peut avec les parents, les enseignants...

Des garanties aux équipes d'établissement ensuite

  • Garantie que les soins dispensés le seront à partir d'un cadre légal de compétences.
  • Garantie d'un retour sur l'institution.
  • Garantie d'un suivi infirmier obligatoire.

 

Quelle traduction maintenant dans l'institution de ces actes infirmiers ? cf statistiques infirmières relatées dans la publication que nous vous avons apportée

NDLR : Pullication que vous pouvez retrouver en suivant ce lien  

L'orientation dominante supérieure à 80% à l'issue des soins infirmiers est le retour en cours. Quant aux principaux partenaires de l'infirmière, ils sont par ordre de priorité :

  • La vie scolaire,
  • L'équipe pédagogique,
  • Le médecin de l'internat,
  • L'administration,
  • Les familles,
  • L'assistante sociale scolaire,
  • Le médecin scolaire,
  • Les partenaires extérieurs notamment les soignants des élèves tels les médecins de famille et les spécialistes mais aussi les réseaux de soins.


L'obligation est faite à l'infirmière de prendre en compte l'environnement de l'élève et de prendre en charge ce qui relève légalement de sa compétence. Pour cela elle met en œuvre les techniques d'accueil, d'écoute et d'entretien. Elle met également en œuvre avec l'élève des éléments de réponse à sa problématique personnelle. Elle l'oriente si besoin. Enfin elle crée du lien avec les équipes pédagogiques et d'administration de l'établissement et avec les parents.

Elle a l'obligation d'analyser les besoins et attentes individuels pour en dégager les besoins et attentes des groupes classes ou de l'établissement. Cette analyse permet un retour vers l'établissement pour élaborer et mettre en œuvre sa politique de prévention et d'éducation en partant des besoins locaux. Ceci est un gage de pertinence et d'économie de moyens. Le retour de cette analyse permet également de définir les priorités de prévention et d'éducation qui en découlent, vers les équipes pédagogiques.

De ce fait les actions collectives de proximité sont nettement plus appropriées aux besoins et aux attentes de la population concernée que dans une démarche verticalisée, descendante du type démarche de santé publique pure venant d'experts éloignés, extérieurs à l'institution et sans liens constants avec les élèves.

Ce retour vers l'établissement permet et crée l'obligation du travail en équipe pluriprofessionnelle sans que ces projets de prévention et d'éducation soient déconnectés des projets pédagogiques.

Ainsi, l'approche, les besoins et les réponses seront différents selon le lieu des établissements : zone rurale, sub-urbaine ou urbaine mais également en fonction de la spécificité des établissements. Il y a lieu de souligner au passage que le milieu rural se trouve en discrimination négative par rapport à l'accès aux soins infirmiers. En milieu rural, il est beaucoup plus difficile, pour un adolescent, de se rendre dans un centre de planification, d'aller acheter des préservatifs dans la pharmacie de son village au vu et au su de tout le monde, de trouver des espaces de parole. L'anonymat y est beaucoup plus difficilement respecté puisque les déplacements se font sous le regard de tous contrairement au milieu urbain. Le recours à l'internat y est beaucoup plus fréquent et quasi obligatoire pour certaines sections. L'infirmière de l'éducation nationale y a donc une place prépondérante et encore plus importante pour les élèves et les équipes d'établissement. Or ces établissements étant fréquemment de petite taille, rares sont les collègues ruraux à bénéficier des services d'une infirmière ne serait-ce qu'à mi-temps.

Quels sont les besoins repérés par les infirmières ?

Tout d'abord les besoins exprimés

  • Le mal-être, le besoin de soin relationnel.
  •  Les éléments statistiques font apparaître une augmentation significative des passages à l'infirmerie pour des demandes « d'écoute » et de suivi infirmier qui prennent souvent comme expression première la somatisation d'un mal-être. Ce mal-être peut parfois être généré par l'institution elle même. L'échec scolaire est souvent à l'origine de conduites déviantes.
  • L'obligation de réussite faite aux élèves par les parents et les enseignants crée parfois des situations de mal-être profond dans certains établissements avec des sections cotées comme les classes préparatoires... Le mal être n'est donc pas seulement en lien avec des situations sociales difficiles...
  • Des besoins et des demandes autour de la sexualité.

Ensuite les besoins identifiés

  • Les conduites addictives,
  • L'hypermédicalisation (j'ai mal ! Je veux un médicament de suite),
  • Les troubles de conduites et de comportements,
  • Le mal être,
  • La sur-information : les élèves se disent sur-informés, « gavés », sans que paradoxalement il y ait appropriation des messages.

Quelles actions pour l'infirmière ?

A titre individuel

  • L'accueil, l'écoute, les soins infirmiers permettent une prévention et une éducation à la santé à titre individuel centrée sur « l'intime » ;
  • Comment passer du savoir au savoir-être et au savoir-faire et contribuer ainsi à l'appropriation des messages en travaillant sur les freins liés au domaine psycho-affectif, au champ social et culturel propre à cet élève ;

A titre collectif notamment avec l'équipe pédagogique

A partir de l'analyse des besoins et des attentes individuels, les problématiques de groupe se dégagent, problématiques qui seront différentes d'un établissement à l'autre, d'un groupe classe à l'autre.

Les actions collectives ne peuvent être efficaces que si elles sont en lien avec les projets pédagogiques du projet d'établissement. Si elles sont en constante complémentarité et cohérence avec l'éducation à la santé à titre individuel effectuée au quotidien par l'infirmière dans son infirmerie. Si elles sont en accord avec les valeurs de l'institution. Alors elles permettent d'échanger et de travailler sur les représentations individuelles et collectives sans donner à parler de l'intime, ce qui est du ressort de l'éducation à la santé à titre individuel. En effet, dans une action collective on parle de sexualité et non de « sa » sexualité, alors qu'à l'infirmerie on peut être amené à parler de « sa » sexualité.

Ces actions collectives ouvrent la porte à un suivi infirmier individualisé pour les élèves qui le demandent à l'issue des séances.

Le travail d'équipe et la complémentarité

Bien qu'elle doive assumer ses responsabilités, l'infirmière ne peut et ne doit faire que ce qui est de sa compétence en fonction de ses missions et de ses règles professionnelles éthiques. Il ne doit pas y avoir confusion des rôles de chacun. Les affichages doivent être clairs, les superpositions de missions ou de tâches ne sont pas constructives pour les adolescents qui ont besoin de repères clairs y compris dans les champs de compétences des différents adultes qui gravitent autour d'eux. La confusion des rôles et des missions contribuent à un gaspillage de moyens et crée les conditions pour que les missions spécifiques des infirmières ne soient plus remplies correctement. L'inefficacité est à la clé ainsi que l'insatisfaction des élèves, des équipes d'établissements et des parents d'élèves.

Un affichage clair, y compris dans les pratiques professionnelles, permet un travail d'équipe plus efficace, cohérent, dans le respect des zones d'autonomie, de la complémentarité de chaque profession et donc d'aller plus loin pour les élèves et avec eux.

Quels sont les espaces de lien entre l'infirmière et l'équipe pédagogique ?

Les conseils de classes, les réunions de l'équipe de direction, les CHS, les réunions vie scolaire, les différentes commissions (menus, fonds sociaux...). Il est important de préciser qu'il ne faut pas que ces espaces de lien se tiennent au détriment des contacts individuels « infirmière/élève » qui tout en étant moins formels sont beaucoup plus fréquents.

Ces espaces de liens sont principalement en direction des CPE, des professeurs principaux, des autres enseignants, de l'équipe de direction.

Quels sont les outils d'analyse ?

Ces outils permettent à l'infirmière de faire un retour quantitatif et qualitatif vers l'équipe pédagogique quant aux besoins et aux attentes des élèves, d'un groupe classe ou d'un établissement. Tout d'abord le volet 1 du cahier de l'infirmière qui permet de faire la somme des besoins et des demandes individuels des élèves et la somme des réponses, en un mot les soins infirmiers effectués. Son analyse permet d'élaborer des éléments de réponses appropriés à la problématique de la collectivité étudiée.

Le volet 2 du cahier de l'infirmière quant à lui, permet de faire apparaître les actions éducatives en équipe et permet d'appréhender la pertinence de ces actions en corrélation avec les besoins et demandes du volet 1. Il est à noter que l'informatisation de cet outil, ou du moins l'utilisation de l'outil informatique (logiciel SAGESSE) est encore nettement insuffisant.

 

Quelques précisions concernant la gestion des infirmières de l'éducation nationale car elles aident à la compréhension du fonctionnement interne des établissements mais aussi des missions des infirmières. La gestion rectorale des emplois infirmiers doit permettre d'implanter ces emplois en fonction des besoins locaux, en tenant compte des difficultés d'accès aux soins et de la réussite scolaire et en lien direct avec le projet pédagogique académique. Cette gestion met l'infirmière dans l'obligation de travailler en équipe pédagogique comme tous les autres personnels qui sont dans sa posture professionnelle (CPE, documentalistes...). Cette gestion associée à la notation administrative de l'infirmière par le chef d'établissement, a comme signification directe que c'est la mission de l'éducation nationale qui prévaut, l'exercice de l'infirmière étant reconnu en terme de responsabilité au service du bien être et de la réussite scolaire des élèves dans l'établissement.

Les infirmières de l'Education nationale sont donc au plus près des besoins locaux et leur réponse s'adapte en fonction de ces besoins et des orientations politiques de l'institution. Leur implantation dans les EPLE, au même titre que les autres personnels de l'équipe pédagogique, combinée avec la position particulière de l'infirmière dans l'établissement « ni juge ni arbitre », permet un recul suffisant pour appréhender au mieux les difficultés locales, du moins de manière plus pertinente et plus efficace que des « partenaires extérieurs » qui n'étant pas « dedans » ne peuvent assurer un suivi et une analyse en continu des élèves et des groupes classes.

 

Difficultés rencontrées

  • le morcellement des postes infirmiers sur plusieurs établissements.
  • l'obligation faite aux infirmières par certains rectorats de contribuer à des missions légalement médicales telles le bilan des 6 ans limite de fait la réalisation des missions prioritaires infirmières.
  • le détournement des missions spécifiques des infirmières au profit de priorités académiques axées sur des programmes de santé publique occulte les besoins spécifiques des établissements et des jeunes qui s'y trouvent. Ces programmes servent davantage de relais au Ministère de la Santé qu'au Ministère de l'Education Nationale dont l'objectif est de voir prendre en compte les besoins réels des établissements pour favoriser la réussite des jeunes. Des différences fondamentales en rapport avec la pratique des différents métiers existent entre la Santé publique et la Santé à l'école : la " Santé à l'Ecole " est une notion née de la pratique infirmière depuis 50 ans dans les collèges et les lycées, en réponse à une demande croissante de soins des élèves.
  • le détournement illégal et scandaleux des personnels infirmiers du service public d'éducation au profit des établissements d'enseignement privé sous contrat, qui reçoivent pourtant des subventions de l'état pour recruter leur propre personnel.
  • les nombreuses circulaires traitant de la prévention et de l'éducation à la santé prêtent à confusion en matière de missions et de rôles de chacun et s'appuient surtout sur le volontariat des personnels. Leurs actions se révèlent, dès lors, très disparates, trop ponctuelles voire inexistantes, car monter des projets et les mettre en œuvre demande beaucoup de disponibilité au delà du temps de travail imparti. Cela nous ramène à la nécessité de disposer de temps pour mettre en place ces actions sur le temps scolaire, pour mobiliser l'équipe pluriprofessionnelle, mais aussi sur la nécessité d'une formation commune de qualité dans ces domaines.
  • le manque de formation est également une difficulté importante : la grande majorité des infirmières souhaite avoir accès à une formation spécifique d'adaptation à l'emploi, en alternance sur un an, après le concours d'entrée pour permettre une connaissance de la spécificité de la profession à l'Education nationale et homogénéiser les pratiques infirmières. En effet, elles travaillent directement avec l'élève et sont totalement impliquées dans le projet individuel de ce dernier. Par ailleurs, pour qu'une véritable dynamique de travail puisse s'installer au sein des établissements, il doit y avoir un apprentissage et une mise en commun des acquis des différents partenaires dans un même lieu. L'école s'est transformée et doit tenir compte des différences existant entre les différentes populations élèves. Si chacun dans sa professionnalité doit travailler avec et pour l'élève, la communication entre les différents professionnels, la mise en place d'une culture commune institutionnelle et un travail en équipe pluriprofessionnelle plus cohérent dans les établissements scolaires doivent être possibles. Seuls des modules de formation mis en place dès l'entrée à l'Education Nationale, permettront aux différents acteurs de mettre en complémentarité leurs savoirs et leurs compétences pour un meilleur service rendu aux élèves dans un service publique laïc de qualité. L'éducation nationale gagnerait en temps et en efficacité si les équipes d'établissements étaient formées dès la prise de fonction pour travailler ensemble, afin de répondre de façon adaptée aux élèves qui se retrouvent en difficulté ou qui ont des problèmes qui perturbent leur scolarité. La condition primordiale pour apprendre à respecter les fonctions de chacun et à respecter les élèves en demande d'aide ou de soins particuliers, est que chaque professionnel comprenne ce qu'il peut attendre des autres professions séparément et ensemble.
  • Le manque de postes conduit les infirmières à être partout à la fois sans satisfaire véritablement personne, ni les élèves, ni les établissements du 2nd degré, ni les écoles, ni elles-mêmes. Quel professionnel pourrait se satisfaire de gérer seulement l'urgence quand sa mission est autre ? Le SNICS avait fait des propositions pour une autre organisation des postes mixtes, permettant une couverture efficace de chaque collège et de chaque secteur primaire de recrutement, par la nomination de 2 infirmières par collège avec une présence à mi-temps sur le collège et à mi-temps sur le secteur primaire de rattachement.

Les infirmières veulent pouvoir mettre leur profession au service des élèves de façon concrète et dans la durée. Elles veulent redonner du sens à leur métier et ne plus se voir imposer de ne faire que passer d'un établissement à un autre pour constater les problèmes sans pouvoir les traiter au fond. Sommes nous là seulement pour une veille sanitaire sans possibilité d'actions dans la durée? Imagine-t-on un CPE qui irait un jour dans un établissement, un jour dans un autre et ainsi de suite? Alors, pourquoi imposer cela aux infirmières ?

Si le rapport de la commission Thélot avait suscité diverses protestations, il faisait cependant état de l'attention à apporter à l'écoute des adolescents et d'une volonté d'accroître la présence et le nombre des infirmières au sein des établissements. C'est dans ce cadre que 1500 créations de postes d'infirmières ont été décidées sur 5 ans. Mais ces créations ne seront malheureusement pas suffisantes pour que le droit des jeunes à la santé et à l'éducation puisse être effectif et que les textes définissant les missions croissantes des infirmières puissent être appliqués dans leur totalité.

6900 postes d'infirmières pour 7800 collèges et lycées publics, 55000 écoles publiques et 2 millions d'étudiants conduisent obligatoirement à un saupoudrage des postes qui induit lui-même un manque d'efficacité et un service rendu aux jeunes très inégal. Je veux rappeler que des milliers de collégiens ne voient l'infirmière qu'une fois par semaine voire par quinzaine !

Il faut que les gouvernements quels qu'ils soient, prennent leurs responsabilités et comprennent une fois pour toutes que les infirmières doivent pouvoir faire correctement et efficacement leur métier en lien direct avec les enjeux de l'Ecole. Il faut obtenir un plan pluriannuel de créations de postes et une véritable formation d'adaptation à l'emploi ainsi qu'une formation continue à la hauteur des enjeux.

 

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