ACTUALITES

Alors que la Cours des Comptes laisse entendre que les infirmier.es ne travaillent pas ou pas bien,  l’enquête statistiques 2019/2020 vient d’être annulée.  À la demande du SNICS, la DGESCO  va intervenir pour stopper les enquêtes académiques.

Cependant, nous avons vu ces dernières semaines à quel point la remontée statistique organisée par le SNICS était le seul et unique recueil permettant d’illustrer et de défendre notre profession. Malgré le confinement, au vu du contexte, le SNICS ne peut laisser alimenter l’argumentaire perfide de la Cour des Comptes.

Le SNICS relance donc son enquête nationale qui portera sur la période scolaire courant depuis la rentrée 2019 jusqu’à la fermeture des classes le 14 mars 2020.

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Évaluation des statistiques - Année scolaire 2018-2019

Activités des infirmier.es de l’Éducation nationale & Évaluation des besoins des élèves et étudiant.es
Cette analyse statistique révèle les besoins des élèves tels qu’ils sont exprimés dans les infirmeries des collèges, lycées, LP, EREA. Ces besoins sont répertoriés sur le logiciel professionnel SAGESSE créé en 1995.
(Circulaire 2003-0335 du 27/2/03, modifiant circulaire n° 95-221 du 12 octobre 1995).

Un formulaire en ligne avait permis  à  l’ensemble  des  infirmier.es  de  l’Éducation  nationale  et  de l’Enseignement supérieur de renseigner les statistiques de son exercice 2018-2019. Cette analyse porte sur un panel exploitable de 1223 infirmier.es de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur soit 16% du corps. Ces infirmier.es sont réparti.es sur l’ensemble des académies de France et d’Outre-mer (Mayotte y compris). Le panel de cette étude représentant 16% des infirmier.es de l’Éducation nationale réparti.es sur l’ensemble du territoire a été jugé suffisamment représentatif. Nous avons donc extrapolé les données du panel afin d’obtenir une vision globale ou générale de l’activité nationale des infirmier.es et des besoins des élèves reçu.es en consultation.

Le  défaut  d’application  des  textes  et  la  sous  utilisation  du  cahier  de  l’infirmière  au  sein  des  universités ne  nous permettent  pas  d’effectuer  une  analyse  statistique  fiable  de  l’activité  des  infirmier.es  exerçant  dans  l’Enseignement supérieur.

Il est à noter  que les postes inter degré (Établissement + secteur primaire de recrutement) et l’exercice au sein de cités scolaires recouvrent des  réalités  différentes  selon  les  académies,tant  dans  la  répartition  du  temps  entre  les  deux exercices que  dans  la  définition  même  du  poste  mixte. Ce  sont  parfois  des  lycées  avec  du  primaire,  des  LP  voire  une EREA.

L’analyse de l’activité réelle des infirmier.es de l’Éducation  nationale sur  le  premier  degré est rendue impossible par l’absence de remontées statistiques fiables. En effet, dans les départements, un refus est opposé aux infirmier.es pour l’ utilisation des bases élèves du 1er degré et par l’absence de dotation d’ordinateurs portables permettant  l’utilisation du logiciel SAGESSE et donc le renseignement de notre activité au fil de l’eau.
Le  logiciel  professionnel  utilisé  par  les  infirmier.es est  obsolète  à  bien  des  égards.  Son  utilisation laborieuse ne  permet qu’une remontée très incomplète de l’activité des infirmier.es et des besoins des élèves. On peut, par exemple, regretter que le volet d’éducation à la santé collective et le travail en partenariat y soit peu développés, ainsi que l’analyse fine des besoins des élèves en fonction de thématiques ou de publics ciblés.

En dépit des interventions multiples  de  notre  syndicat  pour l’y inciter, notre  ministère  tarde  à  mettre  en  œuvre  la nouvelle gouvernance de sa politique sociale éducative et  de  santé.  Il  tarde  aussi à réactualiser et  adapter le logiciel infirmier afin d’obtenir des indicateurs pertinents permettant le remontée et l’évaluation, non seulement des besoins de santé des élèves et étudiant.es, mais également de la pertinence de la répartition des moyens et de ses choix politiques.

Malgré une refonte complète de la politique éducative et de santé du MEN en 2015, l’enquête statistique menée depuis de nombreuse années par la DGESCO n’a pratiquement pas évolué. Son envoi tardif, réitéré chaque année depuis 2017 (fin juin-début juillet), dans les établissement scolaires entrave la remontée des données statistiques.

Pourtant l’infirmier.e de l’Éducation nationale a pour mission un rôle d'observation et de surveillance épidémiologique: «Il-elle recueille et exploite des données et peut être amené-e, à partir des éléments en sa possession, à effectuer des actions de  recherche  sur  les  indicateurs  de  santé.  Ces  données  permettent  également  de  dégager  les  besoins  spécifiques  de  la population  de  l'établissement,  de  proposer  un  projet  d'actions  d'éducation  à  la  santé  collective et  de  cibler  les  formations nécessaires.»
LA RÉPARTITION DES ÉTABLISSEMENTS DU PANEL
EPLE Collège: 447
Inter degré: 313
EREA: 16
Collège: 776
LG: 29
LGT: 134
LP: 140
Lycée polyvalent: 146
Lycée:    449
Nb établissements: 1225


Cette remontée statistique couvre la population scolaire accueillie dans 1225 établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) soit:

  • 15,7% des EPLE(7799 EPLE -rentrée 2018);
  • 14% des collèges (5290 CLG -rentrée 2018);
  • 20,5% des EREA (78 EREA-rentrée 2018);
  • 18,5% des lycées (819-LP;910 LGT;710 LPO)

NB: 63% des établissements du panel sont des collèges.

À la rentrée 2018, l’Èducation nationale compte 44 902 écoles publiques dont 13 881 écoles maternelles. 5 807 800 élèves sont scolarisé.es dans le premier degré  (dont 718 100 sont dans leur 6ème  année).

RÉPARTITION DES ÉLÈVES DU PANEL
On comptabilise 444 6459 élèves scolarisé.es dans les EPLE, l’enquête repose sur  un  panel  de  971  257  élèves  scolarisé.es  soit 21,84% ; dont 41 731  élèves internes, soit 27% des internes scolarisé.es dans les EPLE.

A / Consultations Infirmières à l’Éducation Nationale

Les 1223 infirmier.es de l’Éducation nationale ayant remonté une partie de leur activité par le biais de cette enquête déclarent avoir réalisé 2 944 073 consultations infirmières au cours de l’année scolaire 2018-2019, dont 2 918 050 concernent des élèves ou étudiant.es soit 99%.

Les 1 343 477 consultations d’élèves internes représentent 7,3 % des consultations.

À partir du panel, nous pouvons dénombrer 26023 consultations réalisées en direction des personnels de l’Éducation nationale. Si l’on rapporte ce chiffre au niveau national, les infirmier.es de l’Éducation nationale ont permis à 163 187 personnels de bénéficier de la consultation d’un.e professionnel.le de santé directement sur leur lieu de travail.

Par extrapolation, on peut valablement considérer que l’ensemble des infirmier.es de l’Éducation nationale en poste devant élèves a réalisé 18 461 891 consultations infirmières au cours de l’année scolaire 2018-2019.

En plus de ses autres missions et du nécessaire suivi qui en découle, chaque infirmier.e de l’Éducation nationale réalise une moyenne de 2 407 consultations par ETP par année scolaire pour les élèves du second degré public.
Pour rappel, les infirmier.es en poste en établissement sont présent.es 5 jours par semaine (39h38 hebdomadaire devant élèves) et celles et ceux en poste inter-degré réalisent autour de 70% de leur activité en collège et 30% pour le suivi des élèves scolarisé.es dans les écoles publiques du 1er degré du secteur de rattachement dudit collège.
Ratio des Consultations par Élève
En rapportant le nombre d’élèves accueilli.es au sein des EPLE au nombre de consultations infirmières dont ils-elles ont bénéficié au cours de l’année écoulée, le ratio de consultations par élève est de 3. En 2011, ce ratio était de 2,08 ce qui représente une évolution exponentielle du ratio de consultations qui a augmenté de plus de 44% au cours des 8 dernières années.

Cette augmentation reflète un besoin réel et une demande grandissante des élèves en terme de soins infirmiers.

L’offre de soins infirmiers étant incomplète, trop peu de professionnel.les pour offrir un accès permanent aux élèves et étudiant.es au sein des EPLE, cela nous amène à penser que le ratio est sous représentatif des besoins réels des élèves.

Comme le montrent le tableau et le graphique ci-contre, ce ratio diffère significativement en fonction du type d’établissement et de la population scolaire qu’il accueille.

Ces variations sont autant d’indicateurs des besoins et demandes des élèves en soins infirmiers.

En première ligne, les élèves accueilli.es dans les EREA ont un ratio de 26,7 (soit 54906 consultations infirmières annuelles) qui monte à 28 pour les élève internes. Actuellement , le logiciel infirmier ne permet pas d’identifier les élèves à besoins particuliers, comme ceux-celles en situation de handicap, néanmoins ce qui ressort pour les élèves d’EREA peut être projeté sur les autres élèves dont la situation particulière fait davantage recourir aux soins infirmiers.

Nous avons pu constater que les consultations des élèves internes représentent 7,3% de l’ensemble des consultations infirmières, mais le ratio de consultations des élève internes est de 5,13 ce qui nous permet déduire que les élèves internes sont les élèves qui ont le plus besoin de soins infirmiers.  Parmi les internes, les collégien.nes ont le ratio le plus élevé, 12,4 contre 3,98 pour les lycéen.nes, ce qui correspond bien à des différences liées à l’âge et à l’autonomie des élèves. Un pic de consultations s’observe aussi chez les élèves internes des établissements classés en REP et surtout en REP+.

Il est important de noter que les élèves des lycées professionnels ont un ratio de consultations globalement supérieur aux autres élèves du même âge, ce qui s’explique par la présence d’ateliers mais aussi par la « fragilité » des publics accueillis dans ces filières et l’éloignement géographique des structures d’enseignement.
Type de Consultations
Le logiciel  SAGESSE utilisé distingue différentes consultations : les « passages » pour les consultations courtes dont la durée est inférieure à 15mn, les « séjours temporaires » lorsque la durée dépasse les 15 mn et les « élèves présent.es la nuit » qui sont les élèves pris.es en charge pendant  les nuits d’astreinte puisque les infirmier.es en poste en internat réalisent trois nuits par semaine, soit 108 nuits par an (/365) en plus de leurs 44 heures de service hebdomadaire.
75% des consultations infirmières sont de courte durée, la clinique infirmière, son diagnostic et le soin apporté sont rapides et permettent de remettre l’élève dans de meilleurs conditions d’apprentissage pour une reprise rapide l’activité scolaire.

24% des prises en charge sont des séjours temporaires, il s’agit de consultations qui nécessitent un temps plus long (>15 mn) nécessaire pour accompagner l’élève ( suivi, bilan, entretien d’écoute-relation d’aide, soins relationnels, éducation à la santé…).

65 888 élèves ont bénéficié d’un service infirmier de nuit qui permet de lutter contre l’absentéisme scolaire en évitant le retour à domicile des élèves internes. Si ce chiffre peut paraître faible au premier abord, il est à relativiser au regard du nombre d’élèves internes scolarisé.es à la rentrée 2018 (154070). 42% d’entre eux-elles ont donc eu recours à des soins infirmiers.
Consultations Selon les Lieux de Scolarisation
Contrairement à certaines idées préconçues, le graphique ci-contre nous montre que les types de prises en charge varient peu en fonction du type de lieu de scolarisation. Cela démontre  une certaine cohérence des diagnostics cliniques infirmiers à l’Éducation nationale. On peut tout de même noter une légère prédominance des consultations longues dans les lycées, ce qui correspond à l’âge et au développement plus avancé des jeunes qui viennent consulter un.e infirmier.e pour des besoins plus précis.

B / Orientation après la consultation

Suites données à la consultation
Dans 91% des cas, l’infirmier.e est  en capacité répondre aux besoins des élèves et la suite donnée à la consultation est la remise en position d’apprentissage de l’élève avec un retour rapide en classe et aux apprentissages, ce qui contribue à la lutte contre les inégalités sociales et de santé et participe à l’amélioration des chances de réussite scolaire de TOUS-TES les élèves.

Ce chiffre est parfois pris par certains corps comme de la « bobologie » pour remettre en cause l’utilité des soins infirmiers. La raison d’une « fuite » de la classe doit toujours interroger les professionnel.les de l’Éducation. Les orientations vers la famille (6%) donnent lieu à des conseils en santé ou à un adressage vers d’autres professionnel.les de santé.

En l’absence d’infirmier.e, les élèves sont accueilli.es par les personnels de vie scolaire qui, face à un.e élève qui se présente pour un problème de santé, doivent alerter la famille ou appeler les services d’urgence au moindre doute. En l’absence de diagnostic infirmier, le pourcentage de retours à domicile et la prise en charge par les services d’urgence est donc très important. L’infirmier.e, par sa capacité professionnelle à évaluer les situations et leurs nécessaires orientations, permet de réduire considérablement la nécessité de diagnostics médicaux d’urgence, seul.es 3% des élèves sont orienté.es vers l’hôpital. Sur un appel urgent, la communauté éducative doit souvent appeler le 15 alors que l’infirmier.e a compétence à évaluer l’urgence. La présence d’infirmier.es dans les établissement permet donc de limiter le recours coûteux aux services d’urgence.  Le coût moyen d’un passage aux urgences est  de 161 euros, et celui d’un transport par le SMUR est d’ environ 2000 euros.

Le graphique ci-contre montre que les suites des consultations varient peu selon le type d’établissement, seuls les LGT se détachent un peu. Les orientations plus nombreuses vers l’hôpital s’ y expliquent par la présence d’ateliers et donc de blessures nécessitant une prise en charge hospitalière. Là encore la présence d’un.e infirmier.e permet une orientation efficiente.
Liaisons engagées et travail en équipe après consultation infirmière
  1. Contrairement aux idées reçues ou répandues, l’exercice infirmier à l’Éducation nationale est loin d’être un exercice en silo puisqu’une consultation sur trois amène l’infirmier.e à engager une liaison avec un tiers afin d’améliorer les chances de réussite scolaire d’un.e élève (33%). Les liaisons se déclinent selon l’ordre décroissant suivant :Vie scolaire- Direction ;
  2. Familles ;
  3. Autres ;
  4. Assistant.es sociales scolaires ;
  5. Médecins scolaires ;
  6. Services d’urgences.
Tous secteurs d’activité confondus, la première liaison engagée par les infirmier.es de l’Éducation nationale est interne à l’Éducation nationale, vers la vie scolaire (2 416 052) qui est donc leur premier partenaire. Le travail de liaison est engagé en accord avec l’élève lorsque les informations détenues par l’infirmier.e permettent un retour en classe dans de meilleures conditions ou appellent à une vigilance ou une action particulière des personnels de vie solaire. Les consultations infirmières participent ainsi directement à l’amélioration du climat scolaire et à la sécurité des élèves.

Le deuxième partenaire de l’infirmier.e est la famille. Au cours de la seule année 2018-2019, les familles ont été avisées 1 643 550 fois : lorsque nécessaire, la famille est avertie du soin infirmier réalisé, conseillée et orientée en cas de besoin.  Dans les cas plus complexes, la famille est reçue dans l’établissement par l’infirmier.e, ce qui a représenté 1 158 637 consultations. En tant que professionnel.le de santé soumis.es au secret professionnel, l’infirmier.e de l’Éducation nationale sert souvent de médiateur-trice ou de lien entre la famille et l’institution scolaire, et inversement.

En troisième position, les autres partenaires de l’infirmier.e : 354 556 liaisons enregistrées. Il s’agit le plus souvent de partenaires extérieur.es à l’Éducation nationale : médecin qui suit l’enfant, orthophonistes, éducateurs, assistant.es sociales, psychologues, associations, centres de planification, CPEF, consultations spécialisées etc... Il est important ici de soulever leur diversité mais regrettable que le logiciel utilisé ne nous permette pas de les identifier avec précision.
NB : le logiciel SAGESSE ne comptabilise pas le travail conjoint avec les conseiller.es d’orientation psychologues de l’Éducation nationale qui sont inclus.es dans la catégorie « autres ».

Avec 274 783 liaisons officielles, le quatrième partenaire de l’infirmier.e sont les assistant.es de service social de l’Éducation nationale. Cette orientation est prise lorsque l’infirmier.e identifie une situation familiale ou sociale qui requière l’expertise, l’accompagnement et/ou l’évaluation de l’assistant.e de service social scolaire (ouverture de droits, risque de carence ou de maltraitance). Ce chiffre, sous-évalué car nombre de liaisons informelles ne sont pas comptabilisées, démontre s’il en est besoin, que les consultations infirmières à l’Education nationale, pour quelque motif que ce soit et la relation de confiance qui s’installe entre élève et infirmier.e, permettent d’être  un vecteur de lien avec le service social.  Le lien de confiance créé entre l’élève et l’infirmier.e, grâce aux consultations infirmières à la demande et à la « bobologie », permet de mettre des mots sur ses maux et ses inquiétudes. L’infirmier.e utilise alors ce lien de confiance pour rassurer l’élève (et sa famille) sur le rôle de l’assistant.e de service social et l’importance pour lui-elle ou sa famille de la-le rencontrer. L’assistant.e de service social  qui prend alors le relais de façon à apaiser est efficace.

NB : Ces situations sont différentes des cas de maltraitances ou de violences révélés lors d’une consultation infirmière, pour lesquels l’infirmier.e réalise directement un signalement au procureur ou à défaut une information aux cellules de recueil des départements (CRIP).

Avec 219 261 liaisons engagées, le cinquième partenaire sont les médecins de l’Éducation nationale. En plus du travail de collaboration et de suivi mis en place dans le cadre du suivi des élève à besoins particuliers (évaluation des besoins, PAI, SAPAD,PAP, ESS, MDPH, aménagements d’examen etc) et des bilans de santé obligatoires, les infirmier.es adressent 219 261 élèves, souvent accompagné.es de leurs familles, aux médecins de l’Éducation nationale. Il s’agit le plus souvent de difficultés scolaires et de suspicion de troubles des apprentissages pour lesquels l’expertise spécifique des médecins de l’Éducation nationale est recherchée. A la demande des médecins scolaires, les autres troubles de la santé sont orientés vers la médecine de ville. 

L’infirmier.e de l’Èducation nationale est placée au plus près des élèves au cœur d’une équipe pluri-professionnelle, l’équipe pédagogique et éducative. On peut constater que les besoins des élèves l’amènent à travailler avant tout avec ses partenaires au sein de l’établissement scolaire, ce qui est légitimité et cohérent puisque cela lui permet, non seulement de prendre en charge les élèves mais d’élargir cette prise en charge pour les aspects plus éducatifs. L’infirmier.e de l’Éducation nationale travaille donc en collaboration avec une multiplicité d’acteurs-trices, internes et externes à l’Éducation nationale, réunissant toute la communauté éducative sur des objectifs partagés.

En REP +, le travail en réseau semble être la règle puisqu’on note 99% de liaisons engagées après une consultation infirmière, ce fort pourcentage peut s’expliquer par le nombre plus élevé de professionnel.les dans l’établissement, et d’intervenant.es extérieur.es réuni.es autour de l’élève.

On peut également constater que le travail étroit avec les familles décroît à mesure que l’âge des enfants augmente, ce qui est cohérent et s’explique par le degré de maturité et l’accroissement de l’autonomie des élèves scolarisé.es.
FOCUS TRAVAIL EN EQUIPE PLURIPROFESSIONNELLE - Consultations 1er degré
En 2018, un panel de 334 infirmier.es nous ont transmis des données chiffrées sur les liaisons qu’ils-elles ont engagées suite aux consultations infirmières  réalisées auprès des élèves du premier degré.

Comme sur le second degré, lorsqu’il-elle est affecté.e sur un poste inter degré, « L'infirmier-ière participe à l'accueil et l'accompagnement de chaque élève en fonction de ses besoins spécifiques liés à sa santé physique ou psychique. Il-elle concourt à cet objectif par la promotion de la santé de l'ensemble des élèves, scolarisés dans les établissements d'enseignement des premier et second degrés de leurs secteurs d'intervention, et des étudiants. Il-elle participe plus largement à la politique du pays en matière de prévention et d'éducation à la santé, et de lutte contre les inégalités sociales ».

L’infirmier.e de l’Éducation nationale est également le-la conseiller.e technique des directeurs-trices d’écoles et des IEN,  il-elle participe à l’accompagnement des différentes structures et notamment au projet d’école, PES, diagnostic des besoins des écoles (aide, accompagnement, animation) dans ce cadre et au CESC inter degré.

Les projets d’éducation à la santé collectifs sont élaborés conjointement, avec l’apport de son expertise. Il-elle accompagne aussi l’équipe pédagogique si elle rencontre des difficultés ou des problématiques avec certain.es élèves.

Lors des consultations dans le 1er degré, 37 % amènent à une liaison avec l’équipe éducative. Suite à cette consultation, l’infirmier.e, par son approche spécifique et son expertise, pose un autre regard sur la situation de  l’élève, un éclairage différent et complémentaire qu’elle partage (dans le respect des règles imposées par le secret professionnel) avec l’équipe enseignante.

Ce travail d’équipe permet de faire émerger les freins mais également les ressources. Autant d’observations riches et complémentaires permettant de définir un diagnostic partagé par l’ensemble de la communauté scolaire (parents y compris) et de mettre en œuvre des actions pour aboutir à une meilleure prise compte des besoins spécifique de l’élève par l’École. Une prise en charge partenariale et bienveillante  au service de la réussite scolaire.

Dans 40% des cas, la consultation amène à rencontrer les familles. L’infirmier.e de l’Éducation nationale qui, lors de son diagnostic, repère (ou suspecte) des besoins spécifiques ou de potentiels troubles, va orienter et accompagner les familles vers les soins ou avis nécessaires, en apportant expertise et conseil pour que leurs enfants trouvent ou retrouvent un état de santé et bien être, ou une situations adaptée leur permettant d’être en situation de réussir leur scolarité.

21% des consultations amènent l’infirmier.e de l’Éducation nationale, avec l’accord des responsables légaux, à solliciter une expertise et le recours à d’autres professionnel.les de santé pour répondre aux besoins spécifiques de l’élève.

4 % des consultations ainsi réalisées auprès des élèves du 1er degré, en complément des bilans de santé obligatoires,   permettent à l’infirmier.e de l’Éducation nationale de repérer des troubles non connus (le plus souvent liés aux  apprentissages) et de solliciter l’expertise spécifique des médecins de l’Éducation nationale.
Dans 3% des situations, l’infirmier.e entre en contact et travaille en collaboration avec d’autres partenaires qui suivent l’ élève ; école inclusive, MDPH, psychologues,  protection de l’enfance (IP ,signalement, évènements graves),  assistant.es de service social, éducateur-trice…

Dans 25% des cas, l’infirmier.e de l’Éducation nationale est amené.e à mettre en place un suivi infirmier pour suivre l’évolution de la situation spécifique de l’élève ou accompagner la famille pour aboutir à une prise en charge adaptée aux besoins de leur enfant.

Faute de logiciel adapté et de volonté politique, à défaut d’être complet et statistiquement fiable, ce premier regard apporté sur les consultations que les infirmier.es de l’Éducation nationale sont amené.es à réaliser auprès des élèves du 1er degré nous amène malgré tout  à déconstruire « l’action en silo » mais  surtout à  démontrer la pertinence des missions qui y sont réalisées.

Au vu des nombreuses orientations faites, il nous semble primordial que l’infirmier.e de l’Éducation nationale reste un.e professionnel.le de santé pouvant intervenir précocement, c’est-à-dire dès la suspicion par la famille ou par l’équipe pédagogique d’un trouble de la santé pouvant entraver le bon déroulement de la scolarité de l’enfant pour établir un diagnostic et des orientation nécessaires.

Les textes de 2015, et notamment l’arrêté du 03 novembre 2015, ont permis de rendre disponible un.e professionnel.le de santé qui peut agir à la demande, précocement et en complément des visites médicales obligatoires ( 3ème et 6ème années de l’enfant). En effet un enfant peut ne pas avoir été détecté (pour de multiples raisons) ou tomber malade en dehors de ces visites.

C / Actions de secours - gestion des accidents

Au cours de l’année scolaire 2018-2019, par extrapolation, on peut considérer qu’environ 404 000 accidents ont été déclarés et pris en charge par les infirmier.es de l’Éducation nationale. Il s’agit d’accident divers ayant eu lieu pour la plupart dans le cadre de la scolarité, mais il est tout de même important de noter que 43 840 d’entre eux n’y sont pas liés et pourtant ces élèves et leurs familles ont eu recours au service des infirmier.es de l’Éducation nationale pour soins, conseils et accompagnement. L’infirmier.e de l’Éducation nationale est bien le-la professionnel.le de santé de premier recours identifié.e par les élèves et leurs familles.

Dans bien des cas, l’intervention d’un.e infirmier.e de l’Éducation nationale a évité à minima le coût d’une consultation médicale. Cela représente une économie d’environ 10 118 525 euros pour l’assurance maladie, à condition que la prise en charge ait été effectuée par un.e généraliste et non par les services d’urgence ou par la consultation d’un.e spécialiste.

À minima, 100 000 situations d’accidents n’ont eu aucun coût pour la sécurité sociale, et donc la société, grâce à l’intervention des infirmier.es. La gestion des 109 452 accidents d’EPS dans les gymnases évite aussi à la collectivité d’en supporter le coût.
L’action des infirmier.es de l’Éducation nationale permet là encore à l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale dans les établissements de bénéficier d’un.e partenaire et de rester centré.es sur les missions qui leur sont attribué.es.

Les outils statistiques à disposition des infirmier.es ne leur permettent pas une analyse plus fine de la situation, par exemple les orientations et les suites n’apparaissent pas.

D / BESOINS EXPRIMES PAR LES ELEVES ou ETUDIANT.ES

Les besoins sont en fait évalués à partir de la grille de lecture imposée par le logiciel Sagesse qui ne permet que de faire apparaître les besoins exprimés par l’élève et non ceux identifiés par l’infirmier.e. Il est important de noter qu’à chaque consultation, seuls deux motifs peuvent être renseignés. Malgré ce prisme qui édulcore le diagnostic infirmier, les trois premières causes de consultations infirmières sont la demande de soins et de traitements, la demande de conseils en santé et la demande d’écoute-relation d’aide. Il serait intéressant de pouvoir les confronter aux besoins sous-jacents observés par le-la professionnel.le de santé. La plainte somatique, dans bien des cas, est révélatrice d’autres problématiques.

À l’Éducation nationale, la sortie ou la fuite de l’élève de la classe doit toujours être interrogée sur son motif réel. Un élève qui ne participe pas à la classe a, de fait, moins de chances qu’un autre élève de réussir sa scolarité. La mission de l’infirmier.e est de l’accueillir, de l’écouter, de poser un diagnostic infirmier, de mettre en œuvre des actions relevant de son rôle propre et d’orienter si besoin vers des partenaires, afin de de permettre à l’élève de reprendre avec assiduité sa scolarité et ce dans les meilleures conditions possibles.

La répartition des besoins varie peu, mais avec une augmentation de 1,4% du nombre d’élèves entre 2013 et 2018, le nombre de total des besoins a lui augmenté de 9.8%.

Pour les 3 besoins principaux « soins, traitement », « écoute- relation d’aide » et « conseils en santé », sur les années 2010/2011, 2013/2014 et 2018/2019, la répartition des besoins des élèves est à peu près stable :
  • Soins- traitements : de 57.5 à 62.1% ;
  • Écoute- relation d’aide : de 8.6 à 8.7% ;
  • Conseils en santé : de 34 à 29.4%.

2013 - 2014 :

  • Nombre d’élèves total : 4 311 300 ;
  • Soins- traitement : 7 372 456 : 62.1% ;
  • Écoute : 1 029 876 : 8.7% ;
  • Conseils : 3 456 854 : 29.4%

2018 - 2019 :

  • Nombre d’élèves total : 4 446 459 ;
  • Soins- traitement :  8 295 580 : 57.5% ;
  • Écoute : 1 237 769 : 8.6% ;
  • Conseil : 4 895 440 : 34%