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Alerte - Souffrance au travail
Le SNICS-FSU agit
Alerté par le SNICS à de multiples reprises, le Ministre reste sourd et inerte face à la dégradation des conditions de travail et à la souffrance exprimée par de nombreuses-eux infirmier.es de l’Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur.

Ni plan d'urgence, ni recrutement massif, ni reconnaissance ... En dehors de remerciements courtois, aucune mesure n'est prise alors que cette situation intenable va vraisemblablement se prolonger l'année scolaire prochaine.

Réuni en séance extraordinaire le 06 avril dernier, le conseil national du SNICS-FSU a décidé de saisir le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail du MEN sur les risques psychosociaux auxquels les infirmier.es sont individuellement et collectivement soumis.es.
Conditions de travail & risques psychosociaux
A cet effet, le SNICS-FSU vous invite à répondre à une enquête d'évaluation construite en trois phases:
  1. La première grille de questions est centrée sur l'impact de la crise que nous traversons ;
  2. La seconde grille évalue les risques psychosociaux de notre exercice en général qui se sont amplifiés avec la crise sanitaire
  3. La dernière grille évalue l'état de santé perçu en lien avec les conditions de travail.
Cette enquête, totalement anonyme, dure 15 minutes.
Collectivement rendons plus tangibles les difficultés professionnelles que rencontre notre profession
Lettre au ministre de l'Éducation national pour le CHS ministériel. Avril 2021.
Monsieur le Ministre,

Nous nous permettons de vous alerter sur les conditions de travail dégradées des infirmier.es de l'Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, aggravées par la crise sanitaire que nous traversons depuis plus d’un an.

Les infirmier.es font face, à moyens constants, à une crise sanitaire d’une ampleur inédite et qui touche particulièrement les élèves dont elles.ils ont la charge, cette profession réglementée est particulièrement exposée à certains risques psychosociaux.

Bien avant ce contexte sanitaire, notre organisation syndicale dénonçait déjà une forte inadéquation entre les moyens et les formations de ces personnels pour répondre aux besoins grandissants des élèves et de notre institution.

Face à une population scolaire croissante, les 7700 emplois infirmiers devant élèves sont très insuffisants pour assumer l’étendue de leurs missions, marquée par 18 millions de consultations annuelles à la demande des élèves du second degré.  Une politique d’inclusion et d’éducation à la santé ambitieuse développée depuis 2016 aurait dû vous amener, Monsieur le Ministre, à poursuivre un plan pluriannuel de création d’emplois infirmiers, injustement arrêté en 2017.

Professionnel.les de santé de premier recours en poste dans les établissements publics locaux et référent.es de santé de la communauté scolaire, le contexte pandémique a plus que fortement intensifié la charge de travail qui pèse sur les infirmier.es de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

En plus des missions d’accueil et d’écoute, primordiales dans la situation d’anxiété généralisée que traverse notre pays, leur rôle de conseiller.e technique de l’autorité auprès de laquelle elles.ils sont affecté.es (chef d’établissement, IA-DSDEN-Recteur)  a nécessité de mettre en place et adapter de façon répétée les protocoles sanitaires, souvent en dehors de leurs horaires de travail. Cette profession a également été fortement sollicitée dans l'application des protocoles (éducation à la santé individuelle et collective, respect des gestes barrières, évaluation, identification des cas potentiels et mesures d’isolement) à laquelle sont venus se greffer le traçage des cas et l’information aux familles pourtant dévolus aux ARS et CPAM.

Les annonces ministérielles par voie de presse, trop souvent incomplètes voire contredites, ont parfois généré des situations de troubles et de tensions avec les élèves et leurs familles dont les premiers interlocuteurs ont été les infirmier.es en poste dans les établissements scolaires.

Vous avez vous même salué à plusieurs reprises l’engagement sans faille de cette profession, mais la crise dure et les infirmier.es sont soumis.es à un rythme de travail soutenu et doivent s’adapter en permanence, avec des objectifs flous qui dépassent la charge de travail soutenable.

Doivent-elles.ils répondre en priorité à la souffrance des élèves et des étudiant.es (face à des risques suicidaires accrus) ou tracer les cas contact ? Doivent elles.ils accueillir les élèves qui les sollicitent où participer aux dispositifs de tests nasopharyngés et maintenant salivaires ?

De par la nature de leur fonction, les infirmier.es soumis.es aux aléas de la vie d’un établissement sont habitué.es à prioriser leur travail en faisant preuve de grandes capacités d’adaptation. Mais, en raison de la gestion confuse de cette crise, elles.ils sont empêché.es d’agir en pleine conscience et responsabilités, le manque d’anticipation et de clarté les expose à des situations de stress permanent.
Au-delà de l’intensification du travail liée à la crise sanitaire, ce que nous tenons à pointer c’est un manque constant de reconnaissance, doublé en cette période, d’un sentiment accru d’impuissance et de culpabilité constamment renvoyé par l’administration.

Les chaînes hiérarchiques rarement respectées entraînent des hiérarchies parallèles qui soumettent trop souvent ces personnels à des ordres, des contre-ordres, voire à des injonctions contradictoires délétères pour les agent.es mais également pour le service rendu aux usager.es.

En la matière, l’appel « interministériel » au volontariat a mis les infirmier.es dans une position éthique et déontologique plus que délicate, les soumettant à des ordres contradictoires et laissant place localement à des dispositifs insidieux qui appellent à la conscience professionnelle et usent du sentiment de culpabilité.

Tous.tes les infirmier.es se sont fortement engagé.es dans le maintien de l’école ouverte, comment comprendre et accepter une prime « COVID-19 » qui n’est versée qu’à celles.ceux qui acceptent de participer au dispositif technique de tests ?

Les infirmier.es qui ont poursuivi leurs missions face aux élèves (trop souvent en grande souffrance) et à la communauté éducative doivent également voir leur conscience professionnelle et leur engagement reconnus.

Tous ces éléments sont à envisager dans un contexte national d’insécurité socio-économique, accompagné d’un affaiblissement de la Fonction publique et d’un mépris répété des missions spécifiques des infirmier.es de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur : manque de moyens et redéploiements, rapport de la Cour des comptes, loi 4D, loi Rist etc…

Que dire d’un « Grenelle de l’Éducation » qui ne prévoit que 100 € par an de revalorisation salariale pour une profession déjà très insuffisamment rémunérée (salaire moyen inférieur de mille euros aux autres personnels de même catégorie, retard significatif de carrière aggravé par le Ségur de la santé) ?

Alors que leur rôle prépondérant et leur travail sont salués unanimement, plébiscités par les élèves et leurs familles ainsi que par les équipes éducatives et pédagogiques, les infirmier.es ont trop souvent été mis.es en incapacité d’agir face à la souffrance palpable et maintenant reconnue des jeunes durant cette crise.

Il n'est plus possible de balayer nos alertes par des remerciements, nos collègues subissent des pressions et des injonctions pour participer « volontairement”, à coup de « sens du devoir, de l’engagement », de  « civisme » ou de « solidarité », aux campagnes de tests et de vaccination !

Nous vous demandons solennellement de tout mettre en œuvre pour prévenir les risques psychosociaux auxquels  sont exposé.es les infirmier.es de votre ministère et restaurer des conditions de travail acceptables favorisant une réponse de qualité aux besoins et demandes des élèves et étudiant.es.
En 2018, 10835 infirmiers ont été victimes d’agressions verbales et/ou physiques, selon l’Observatoire national des violences en santé (ONVS).
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