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COVID-19 - LES INFIRMIER.ES DE L'ÉDUCATION NATIONALE DANS L'ACTION.

Témoignages des Infirmier.es du Morbihan - 56


Jeudi 12 mars 20h30 fin de journée de travail au lycée, j'apprends la décision prise de la fermeture de tous les établissements scolaires à partir du lundi 16 mars. Je ne suis pas vraiment surprise, nous avions dû, les semaines précédentes, prendre des mesures d'éviction pour des élèves venant de clusters situés à quelques dizaines de kilomètres.

Le lendemain, vendredi 13 mars, grande effervescence au lycée : les internes se préparent pour leur retour chez eux et certains DP et externes sont là pour récupérer quelques effets notamment professionnels.

La direction organise une réunion et nous établissons un EDT adapté pour les semaines suivantes.

Le lundi 16 mars, le gouvernement annonce un confinement à partir du lendemain 17 pour une durée indéterminée. Tous les personnels sont invités à rester chez eux et l'enseignement à distance s'organise.

La direction nous demande de laisser nos coordonnées téléphoniques personnelles. Pour les infirmières, aucune directive de l'institution. Une seule consigne : se porter volontaire pour venir en renfort dans les établissements de soins selon des modalités peu claires.

Quid des conditions de la continuité d'exercice de nos missions auprès des élèves ?

Pour ma part après beaucoup d'interrogations, de doutes, je prends petit à petit conscience de la complexité de cette situation complètement inédite et un impératif devient évident :assurer la continuité des soins et du suivi des élèves. Aussi je prends contact avec la proviseure et lui demande de pouvoir avoir à ma disposition un téléphone portable ainsi qu’ un accès à PRONOTE.

Elle adhère et me soutient dans ma démarche, je peux ainsi assurer la continuité de mes missions auprès des élèves : commence alors "l'aventure" des consultations IDE par téléphone.

Ce travail au quotidien a pu démarrer :
  • Appels réguliers des élèves déjà suivis et/ou signalés en difficulté ;
  • Entretien avec les familles ;
  • Concertation régulière avec les CPE (au moins 2 fois par semaine) ainsi qu'avec l'AS;
  • Échanges réguliers avec les enseignants et la direction.

Puis vient l'annonce de la réouverture des écoles et collèges à partir du 11 mai, puis celle des lycées à partir du 2 juin.


La réouverture du lycée est aujourd'hui effective et a demandé un travail de préparation important en équipe auquel j'ai été associée et ai participé activement : mise en place de toutes les préconisations dictées par le protocole sanitaire. Travail préparatoire qui nous a demandé à tous une mobilisation importante afin d'assurer la sécurité sanitaire de tous élèves et personnels, le lycée étant un lycée professionnel avec internat. J'ai pu alors exercer pleinement ma mission de conseillère santé
auprès de la direction.


Ce que je peux affirmer aujourd'hui, c'est que l'écoute, les soins et le suivi des élèves à distance est très difficile, très inconfortable et non satisfaisant. J'ai pu mesurer à quel point notre présence au quotidien dans les établissements est fondamentale pour répondre aux besoins des élèves et exercer nos missions dans des conditions optimales. Il est essentiel de ne pas nous "extraire" des établissements : cela reviendrait à priver les élèves d'un accueil, d'une écoute, d'un suivi, en somme à les priver de soins. Sans oublier les actions de prévention individuelles et collectives menées dans les établissements.


Ce droit aux soins doit être reconnu et conforté.


Le rapport de la Cour des Comptes est affligeant, mensonger et délétère


Une ide du 56

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