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COVID-19 - LES INFIRMIER.ES DE L'ÉDUCATION NATIONALE DANS L'ACTION.

Témoignages des Infirmier.es de l'Hérault - 34


SNICS : Peux-tu m'expliquer ton engagement ?

Depuis le début du confinement, je travaille en centre Covid. J'étais déjà inscrite sur la réserve sanitaire avant, et quand l'ARS a donné son autorisation pour ouvrir (monter) un centre Covid municipal, mon mari, médecin généraliste, m'a proposé de venir y travailler.

J'ai demandé une autorisation d'absence au Rectorat, on m'a fait une convention. Je travaille 6 jours/7, gratuitement, sous un statut de volontaire, depuis le jour de fermeture des établissements scolaires.

J'ai intégré une équipe composée de médecins généralistes, je suis la seule infirmière.

Je m'occupe essentiellement des prélèvements nasopharyngés. Les patients sont vus en consultation, puis je les prélève. Ils viennent spontanément ou sont orientés par leur médecin traitant avec une ordonnance de prélèvement.

Je pars parfois en équipe mobile avec un préleveur biologiste, en EHPAD par exemple, tester le personnel ou des patients.

SNICS : Comment es-tu protégée ?

Il a fallu trouver d'abord les protections ! On a les masques FFP2, depuis le début, et on a fait appel aux dons pour les combinaisons (les peintres, ou les démoustiqueurs de la région), on a fait appel à des propriétaires d’imprimante 3D pour confectionner des visières de protection salivaire.

Le protocole de prélèvement est assez strict et demande d’être bien protégé, on est en cosmonaute !

On utilise un gymnase et j'ai monté un barnum pour les dépistages, on peut donc se doucher avant de rentrer à la maison afin d’éviter au maximum de contaminer notre famille. J'ai 2 ados qui se gèrent tout seuls, heureusement !

J'ai un contrat jusqu'au 30 avril, car ils avaient prévu de me mettre en quatorzaine avant la reprise, mais je suis en lycée, je ne sais pas comment ça va se passer.
SNICS : Quelles compétences utilises-tu le plus ? Comment fais-tu le lien avec ton métier à l’Éducation Nationale ?

Le travail solitaire dans nos infirmeries, la gestion, l'organisation, ça c'est sûr que ça aide ! Je prends les rendez-vous de prélèvements, j'accueille, je rassure, je fais aussi beaucoup de prévention, j'explique la suite, les consignes à respecter. Je fais beaucoup d'éducation primaire et je prélève.

Je récupère les résultats aussi, j'appelle les gens pour leur donner les résultats s’ils sont Covid +.

Je fais environ une quinzaine de prélèvements par jour.

Là, on teste plus d'enfants, depuis les articles sur le syndrome de Kawasaki, les parents ont peur, ils voient les articles sur les réseaux sociaux ou les médecins les envoient pour être sûrs…

C'est plus dur de tester des petits de 4/5 ans...le test n’est pas du tout agréable et habillée en cosmonaute, ce n’est pas rassurant pour eux…

SNICS : Comment envisages-tu la suite ? La reprise ? Arrives-tu à faire le lien avec ton établissement ?

Le chef d'établissement me fait un SMS ou m'appelle quand il a besoin, il fait le lien quand il faut, mais globalement il me fait confiance, il sait que je fais ce qu'il faut pour le suivi.

On a des réflexions sur la réouverture, les épreuves de français, mais comme on ne sait pas trop... je suis en lycée. En même temps, ici on craint une montée des cas, par exemple on voit plus de monde cette semaine que celle d'avant...La semaine dernière il a fait beau, les gens sont sortis.

Globalement, à l’Éducation Nationale, on est souvent confrontés aux inquiétudes des familles, des jeunes et on prend en charge tout ça. Là, je prends en charge tous les âges, c'est intéressant. Et j'ai un passé d'infirmière urgentiste et en psy, ça aide !

C.
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