Pas de doute, la réforme de l'Etat est engagée. Mobilité subie, évaluation imposée, suppression de dizaines de milliers de postes, statut des fonctionnaires en danger, externalisation des missions de service public, décentralisation rampante… Les fonctionnaires sont au coeur de la tourmente et l'Éducation nationale dans l'oeil du cyclone.
Pas un jour sans que la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) ne soit évoquée par les medias. Dans l'édition du Monde du 13 février dernier, on pouvait lire « Réforme de l'État : anxiété à tous les étages. Un vent d'inquiétude souffle dans les ministères. Ici, les agents de services déconcentrés broient du noir. Là, des cadres en surnombre font l'objet d'amicales pressions du type : Et si vous cherchiez dans le privé ? Ailleurs, de hauts fonctionnaires torpillent en sous-main les réorganisations lancées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Depuis l'annonce, le 12 décembre 2007, par Nicolas Sarkozy, de 96 mesures pour faire bouger l'État, la grogne et, parfois, la rogne se sont diffusées de haut en bas de l'administration ».
Aucun corps de fonctionnaires ne sera épargné et c'est par les missions que se fera le tri ! C'est pourquoi, plus que jamais, nous avons intérêt à rester au plus près des missions pour lesquelles l'Éducation nationale recrute des infirmières : répondre aux objectifs de réussite scolaire en agissant sur tout ce qui entrave la santé.
Exiger que nos missions cessent d'être détournées par l'administration parce qu'elle les méconnaît et que ça l'arrange, est devenu une obligation pour chacun(e) de nous. Il est tout de même paradoxal que l'ensemble des rapports qui sont rendus depuis 15 ans y compris les plus récents (*), ciblent les missions spécifiques des infirmiers et infirmières de l'Education nationale comme essentielles pour les jeunes, et que ces missions soient détournées sur le terrain par une administration ignorante et irrespectueuse des textes !
Il est urgent de parvenir à imposer partout le respect de notre champ de compétences ce qui va de pair avec l'arrêt de la confusion des rôles avec la médecine scolaire. Exiger un respect strict de nos missions, c'est contribuer au maintien de notre profession dans le système éducatif et c'est aussi oeuvrer pour l’obtention de la catégorie A que légitime notre participation active et responsable, à la réussite scolaire des élèves et des étudiants.
Décrocher un statut particulier pour notre profession est pour le SNICS l'objectif à atteindre le plus rapidement possible non seulement pour préserver notre profession de toute décentralisation mais aussi pour la promouvoir.
(*) Rapport 2007 de Dominique Versini Défenseure des enfants, Projet de loi de finances 2008, Plan santé des jeunes de Roselyne Bachelot.